Le Fatah et le Hamas à couteaux tirés : Guerre ouverte





Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a affiché sa détermination à empêcher que les rues de Gaza ne tombent sous le contrôle d'une force armée du gouvernement du Hamas, en renforçant la présence des services de sécurité contrôlés par son parti, le Fatah. Le Quotidien-Agences «Le président a ordonné aux responsables de la sécurité de renforcer la présence des forces de sécurité régulières palestiniennes à Gaza», a affirmé un communiqué de la présidence. Abbas a ainsi tenu à réaffirmer son autorité après le déploiement dans la Bande de Gaza des hommes d'une nouvelle force controversée dépendante directement du ministre de l'Intérieur Saïd Siam et composée en grande partie de membres de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam. "Aucune nouvelle force de police ne peut être formée sans l'ordre et l'approbation explicite du président Mahmoud Abbas", a insisté la présidence, ajoutant que la coexistence de deux forces chargées de "maintenir la loi et l'ordre à Gaza est intenable". Dans les rues de Gaza, des membres de la nouvelle force étaient présents en nombre hier matin alors que 3.000 membres des forces de sécurité ont manifesté pour soutenir Abbas. Les manifestants, membres de la sécurité préventive et nationale ainsi que la force d'élite "17" chargée de la protection de Abbas, se sont rassemblés devant le QG de la sécurité préventive dans le centre de Gaza, en criant "Abou Mazen (Mahmoud Abbas) est notre leader", "les autres forces sont illégales". Le Hamas a organisé une contre-manifestation d'environ 500 policiers en soutien au cabinet du Hamas devant le Conseil législatif palestinien. * Sécurité Le Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh a, de son côté, assuré devant plusieurs centaines de membres de cette force devant son bureau à Gaza, que leur unité "a été formée en respectant la loi, la loi fondamentale et conformément à un accord avec le président Abbas". "Vous étiez dans la résistance, aujourd'hui vous protégerez la nation, la sécurité et le peuple", a-t-il lancé. "Personne n'a jamais dit que cette force jouerait le rôle de la police. Nous sommes là pour l'aider", a précisé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Abou Hilal. Selon lui, cette unité est composée de "volontaires (...) qui proviennent de la résistance et sont venus avec leurs propres armes" et ne reçoivent aucun salaire de la part de l'Autorité palestinienne. Abou Hilal a raillé la décision de M. Abbas de renforcer la présence des forces de sécurité, en grande majorité composées de fidèles du Fatah. Elles "sont composées de 60.000 personnes et sont totalement incapables d'assurer la sécurité à cause des officiers corrompus payés par les Etats-Unis", a-t-il dit. "Hier elles ne pouvaient rien faire, elles disaient qu'elles n'avaient pas d'essence (...) Soudainement, elles sont capables de se déployer partout", a-t-il poursuivi, avant d'assurer: "Cela montre que leur inaction était simplement un jeu politique pour faire chuter le Hamas". Le déploiement d'une nouvelle force dans les rues de Gaza "peut mener à la guerre civile", a mis en garde un membre du bureau de Abbas sous couvert de l'anonymat. Elle "doit se retirer immédiatement de toutes les rues et permettre aux hommes des forces de sécurité de mener leur mission", a-t-il ajouté. La présence massive d'hommes armés à Gaza appartenant à des groupes rivaux risque d'accroître encore plus la tension entre le Hamas et le Fatah, qui s'opposent depuis plusieurs jours dans des affrontements armés meurtriers. _____________________________ Le numéro deux du cabinet Hamas pris dans une manifestation du Fatah Le vice-Premier ministre du gouvernement Hamas, Nasseredine Al-Chaer, a été pris momentanément hier dans une manifestation d'hommes armés du Fatah à Tulkarem où des coups de feu ont été tirés, selon des témoins et des sources sécuritaires palestiniennes. Ces hommes armés manifestaient contre le fait que des familles de membres des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, détenus en Israël, n'avaient pas perçu de salaires depuis deux mois. Lors de la manifestation des dizaines de membres des Brigades ont tiré des rafales en l'air. Ils ont ensuite martelé à coups de poing le véhicule bloqué du vice-Premier ministre. Après l'arrivée sur les lieux de la police palestinienne le véhicule du vice-Premier ministre a pu être dégagé par ses gardes du corps et il a pu poursuivre sa visite, a-t-on indiqué de mêmes sources.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com