«Rachida» : Image déformée de la réalité!





Si «Rachida», le film de Yamina Chouikh, plus ou moins ancien reste toujours d’actualité après que le spectre du terrorisme d’une manière ou d’une autre, fut, a priori, éloigné, c’est que l’œuvre nous offre, aujourd’hui l’occasion de revoir les pages de l'histoire. Celle d’un trou noir fixé au firmament «d’Alger La Blanche». Pour l’ouverture du cycle de cinéma algérien, lors de la semaine culturelle de notre pays voisin, la Maison de la Culture Ibn Khaldoun a projeté avant-hier «Rachida» de Yamina Chouikh qui traite de ce qu’on est allé à appeler «l’intégrisme musulman». Même si les détracteurs de l’Islam se font légion, on le sait tous: les intégristes soi-disant musulmans ne le sont aucunement. Car tuer des personnes innocentes ne peut être l’apanage d’une religion monothéiste, encore moins de l’Islam. Il n’échappe à personne aussi, que ces intégristes déchaînées n’étaient que de simples figurants et que les terroristes, les vrais, gardent jusqu’ici la face cachée… Cela a peut-être échappé à Yamina Chouikh qui, ici, assimile tout ce qui a trait à l’Islam, au terrorisme. N’est-ce pas là l’image faussée d’une religion? N’est-ce pas-là aussi le discours voilé de certains bailleurs de fonds aux esprits manipulateurs? C’est bien cela, le problème majeur qui revient comme un leitmotiv, celui d’un cinéma du sud financé par les pays du nord… Le film de Yamina Chouikh, parle, par ailleurs, de la situation de la femme à une époque où le terrorisme gagne l’Algérie. Mais il nous met face à une double réalité selon la réalisatrice: d’un côté celle de la femme musulmane voilée donc selon elle par essence brimée et celle de la femme qui mène une vie à l’occidentale donc libre et émancipée à l’image de «Rachida». Plusieurs portraits de femmes se présentent à nous aussi. Il y a la femme qui prend en main son destin assumant sa situation de divorcée, et il y a celle qui se soumet aux normes établies par une société traditionnelle . Ce genre de femmes, qui font la majorité, psalmodient la prière car elles ont été habituées à le faire. Elles obéissent d’une manière mécanique à un mari craint et aimé parce qu’elles ont peur du regard de la société. En fait, et le mot est lâché, en matière de cinéma ou de littérature ou autres… ce thème devient rébarbatif et assommant. Même si la réalisatrice a réussi notamment cette jolie ambivalence dans les scènes entre rêve et réalité, elle n’a pas reflété comme il se doit la réalité, telle qu’on la connaît. Mona BEN GAMRA


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com