Eaux minérales conditionnées : Les experts remontent à la source… de la qualité





Tunis-Le Quotidien L’Association Africaine de Microbiologie et d’Hygiène Alimentaire (AAMHA) en coopération avec l’Office du Thermalisme organise depuis avant-hier à Tunis un colloque international sur les Eaux minérales 2006. Placé sous le thème «Le contrôle de qualité des eaux embouteillées», ce colloque a pour objectif de présenter les principales réglementations de contrôle dans le domaine de l’exploitation des eaux embouteillées en Tunisie et dans d’autres pays. Devenues produits de grande consommation, les eaux minérales représentent aujourd’hui une matière potentielle qui ne cesse de faire développer une industrie très concurrentielle de par le monde, à travers deux activités principales en l’occurrence le thermalisme et l’embouteillage. La concurrence sur les marchés internationaux et la préoccupation dans le domaine de la santé et de l’hygiène imposent en fait une rigoureuse politique de qualité des produits. Dans le domaine des eaux conditionnées destinées à la consommation, les organismes publics responsables du contrôle, notamment microbiologique, se chargent d’imposer les législations à respecter par les exploitants de gisements et des industriels d’embouteillage pour que l’eau garde ses qualités originelles intactes, jusqu’à la table du consommateur. Il faut noter que la production mondiale des eaux embouteillées et conditionnées a connu une croissance de 37% en l’espace de cinq (5) ans, passant de 120 milliards de litres en 2000 à 165 milliards de litres à la fin de 2005. En terme de consommation, le volume varie selon les régions. L’Europe, tous pays confondus, occupe la tête de liste des grands consommateurs avec une moyenne annuelle et par personne évaluée à 145 litres. Du côté de la Tunisie, le secteur connaît une expansion remarquable depuis quelques années qui est accompagnée par une croissance au niveau de la consommation. On estime en fait la consommation moyenne en eaux minérales en Tunisie à 40 litres par personne et par an. Pour tirer vers le haut cette moyenne, la fidélisation du consommateur passe incontestablement par le degré de confiance en la qualité de l’eau minérale qu’on lui offre sur le marché. Dans ce cadre, la protection des gisements et les nappes souterraines est une opération primordiale. Le Pr. Hamed Ben Dhia, président de l’Université de Sfax qui a présenté lors de ce colloque une communication autour de la protection et la gestion des gisements des eaux thermominérales considère que: «avec le développement économique du pays aussi bien industriel qu’agricole tend à devenir un facteur de risque quant aux problèmes de pollution qui pourraient s’aggraver à l’avenir». D’après le même conférencier: «les répercussions de cette pollution qui prend plusieurs formes, pourraient être ressenties au niveau de la santé publique». A travers son exposé sur les causes et les modes de contamination des gisements et des nappes d’eau thermominérales, «la pollution peut-être engendrée par des éléments toxiques tels que les métaux lourds, les déchets des eaux de lavages de minerais, les margines évacuées par les huileries qui ont des effets néfastes sur les ressources hydrauliques et en particulier les eaux thermominérales». C’est ainsi que la problématique de la protection des gisements d’eaux thermominérales est devenue une préoccupation de premier ordre dans cette industrie de thermalisme en expansion continue. Le Dr. Thouraya Attia, chef de service de l’Agence Nationale de contrôle sanitaire et environnemental des produits (ANCSEP) du ministère de la Santé publique pense dans ce contexte que le risque sanitaire lié à l’eau conditionnée est multiple et pour le maîtriser il y a un nombre de conditions qui doivent être conjuguées. Elles concernent d’après la spécialiste, la performance de l’outil législatif et sa mise, continuelle, à jour, l’évaluation scientifique du risque en utilisant les outils les plus performants et les plus efficaces en faisant recours aux compétences scientifiques et à la recherche, la responsabilisaiton des professionnels et des fournisseurs et enfin le maintien d’un bon niveau de vigilance auprès de la population des consommateurs qui représente toujours, selon la conférencière, une partie prenante dans le processus de maîtrise de risque. H. GUEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com