Pour des violations flagrantes des droits de l’homme : Amnesty épingle Washington et Londres





Amnesty critique durement cette année Londres et Washington dans son rapport annuel, le premier pour ses tentatives de restreindre les droits de l'homme après les attentats de juillet 2005, le second pour maintenir en détention sans inculpation des milliers de personnes en Irak et ailleurs. Le Quotidien-Agences Au Royaume-Uni, le Premier ministre Tony Blair est épinglé pour avoir,après les attentats du 7 juillet à Londres (52 morts), annoncé "des plans imposant de sévères restrictions aux droits humains". "Le gouvernement a cherché à remettre en cause l'interdiction de la torture sur le territoire et à l'étranger et a fait adopter - ou tenté de faire adopter - des lois non conformes au droit national et aux normes internationales en matière de droits humains, dénonce Amnesty. L'organisation de défense des droits de l'homme évoque notamment la loi antiterroriste adoptée au printemps 2005, qui permet d'imposer sans jugement des "ordonnances de contrôle" à des suspects de terrorisme, sur la base de documents tenus secrets. Ces ordonnances limitent sévèrement leurs déplacements, leurs fréquentations, ou même leur accès à l'internet. Une nouvelle loi a été votée à la fin de l'année, qui double également la durée de la garde à vue, à 28 jours maximum. Le Parlement a "heureusement rejeté certaines des dispositions les plus choquantes", à deux reprises, souligne Amnesty, en évoquant le projet initial d'une garde à vue de 90 jours. Elle mentionne également l'utilisation du sol britannique pour des transferts fantômes de prisonniers par la CIA, en dehors de toute procédure juridique. Elle accuse également les Britanniques d'avoir participé au placement en détention administrative d'au moins 10.000 personnes en Irak, "bafouant le droit international et sa propre législation en matière des droits humains". * Guantanamo Pour les Etats-Unis, dont Londres est un fidèle allié dans la guerre contre le terrorisme, Amnesty concentre ses critiques sur la détention, sans inculpation ni jugement, de milliers de personnes en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo, et la "disparition" d'autres détenus dans un réseau secret de prisons de la CIA qui serait réparti dans plusieurs pays. L'organisation de défense des droits de l'homme dénonce aussi des "éléments d'information ayant fait état d'actes de torture et de mauvais traitements" à Guantanamo, en Irak et en Afghanistan, et souligne que "cette année encore, rien n'a été fait pour que les hauts responsables (américains) aient à répondre des violations des droits fondamentaux commises". "Aucune investigation n'a porté sur la CIA, dont les activités demeurent entourées du plus grand secret", écrit notamment Amnesty. L'organisation souligne également qu'un "grand nombre des techniques d'interrogatoire approuvées par les autorités américaines +dans le cadre de la guerre contre le terrorisme+" s'inscrivent "en violation des normes internationales interdisant la torture et les mauvais traitements". Elle évoque notamment "l'utilisation de chiens pour susciter la terreur, les positions éprouvantes, l'exposition à des températures extrêmes, la privation de sommeil et le maintien à l'isolement". La base militaire américaine de Guantanamo à Cuba, où sont détenus quelque 500 présumés talibans ou membres d'Al-Qaïda, certains depuis janvier 2002, figure en tête de liste des reproches faits aux Américains. Ces "combattants ennemis" relèvent d'instances spéciales créées en 2004, les CSRT, "qui peuvent retenir comme preuve des élements tenus secrets et des déclarations arrachées sous la torture", rappelle Amnesty. ___________________________ Impunité des militaires israéliens Le Quotidien-Agences La majorité des militaires et des colons israéliens impliqués dans des "homicides illégaux" contre des Palestiniens "continuent de bénéficier de l'impunité", dénonce mardi Amnesty international. "La plupart des soldats et des colons responsables d'homicides illégaux et d'autres attaques contre les Palestiniens et leurs biens ont continué de bénéficier de l'impunité", affirme l'organisation de défense des droits de l'homme basée à Londres dans son rapport annuel. "Les enquêtes et les poursuites (judiciaires) ont été rares. Celles-ci, dans la plupart des cas, ne débouchaient pas sur une condamnation", poursuit Amnesty. "Dans les cas exceptionnels où des Israéliens étaient déclarés coupables d'homicides ou d'autres violations des droits fondamentaux des Palestiniens, ils se voyaient infliger une peine légère", a-t-on souligné. Le rapport épingle également les exactions "régulières" perpétrées contre les Palestiniens par les colons en Cisjordanie. "Les colons israéliens ont régulièrement attaqué des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie. Ils ont détruit des récoltes, arraché ou brûlé des oliviers, contaminé des réservoirs d'eau et empêché des agriculteurs de cultiver leurs terres afin de les contraindre à partir", relève Amnesty. "En revanche, Israël utilisait tous les moyens à sa disposition - notamment les assassinats et les sanctions collectives, entre autres mesures constituant des violations du droit international - contre les Palestiniens responsables d'attaques contre des Israéliens ou soupçonnés de participation directe ou indirecte dans de tels actes", affirme le rapport.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com