«Taranim Al Bordi Al Kadim» : Ecrit aux mille et une saveurs





Loin des sentiers battus, Amal Nkhili nous propose «Taranim Al Bordi Al Kadim» où la structure traditionnelle du roman éclate pour retrouver un écrit romanesque , certes, mais qui enveloppe et enflamme pour succomber au charme des mille et une saveurs de l’écrit. Amal Nkhili est une esthète qui manie à la perfection la subtilité de la langue arabe, où les figures de style essaiment, nous renvoyant à la beauté des images qui balancent entre passé et présent. Normal, l’auteur du roman qui paraît dans la prestigieuse collection «Ouyoun Al Mouassara» de Sud éditions, est récipiendaire d’un diplôme d’études approfondies en langue arabe et est actuellement sur le point de présenter sa thèse de doctorat dans la même spécialité. Mais il faut dire qu’en matière de littérature, écrire correctement ne suffit pas. Car il faut aussi être animé d’une sensibilité et d’une sincérité qui rendent à l’écrit toute sa beauté. «Taranim Al Bordi Al Kadim» est le premier roman de Amal Nkhili mais qui lui vaut de figurer dans la même collection d’ouvrages où l’on lit Mahmoud Messaâdi, Béchir Khraïef, Hassan Nasr, Aroussia Nalouti et bien d’autres figures de proue du monde littéraire. Côté structure, on retrouve ici un roman peuplé de personnages d’époques différentes: Raïs Achour, Dhayef, Asdrubal, Conelia, Zorda, etc. Les personnages changent mais le lieu de l’événement, lui, reste la mer qui déferle son écume sur les bords de la Méditerranée. Tout au long de l’écrit, la mer ne révèle pas son secret, son trésor caché. Tout commence par une évasion en mer à notre époque présente et se termine de la même manière mais à une époque ancienne, du temps des guerres que se sont livré Carthaginois et Romains… Avec tout le cortège des magouilles, des rencontres rêvées, des personnes aimées ou détestées. Avec Amal Nkhili, on prend les vastes étendues de mer, on monte les vagues et on rame jusqu’à arriver à bord. Comme si l’écrivain nous tient par la main pour nous faire voyager, songer sous bien d’autres cieux sans pour autant y penser. Amal est aussi cette Sherazade des temps présents. Des lèvres de la diseuse de la belle aventure, l’épaisseur de la réalité se fait transparente, telle cette mer miroitante qui l’a bercée enfant, du côté de Mahdia. Mais l’écrit se fait par moment quelque peu élitiste, se faisant l’apanage d’une minorité. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com