Afghanistan L’indignation





L'indignation provoquée par la mort de nombreux civils lors d'un affrontement entre les talibans et la coalition dans le Sud de l'Afghanistan a forcé cette dernière à se justifier alors que les combats contre les rebelles se poursuivent depuis une semaine. Le Quotidien-Agences Le président Hamid Karzai a convoqué hier le commandant-en-chef de la coalition en Afghanistan, le général américain Karl Eikenberry, pour lui demander des explications sur la mort d'au moins 16 civils lors d'une violente bataille dans la nuit de dimanche à lundi à Azizi, un village de la province de Kandahar. Ce genre de convocation est très rare. Le président a appelé une nouvelle fois la coalition à faire preuve de retenue. Le porte-parole de la coalition, le colonel américain Tom Collins, s'est également retrouvé sur la sellette lors de sa conférence de presse hebdomadaire, pressé de questions des journalistes afghans sur les circonstances ayant mené à la mort des civils. Le colonel a justifié la riposte des troupes en expliquant qu'elles se trouvaient sous un feu nourri d'armes légères, de mitrailleuses et de roquettes antichar, quand elles ont fait appel au soutien d'avions de combat. "Nous avions le droit d'ouvrir le feu", a-t-il affirmé, en niant que les avions de la coalition avaient "bombardé" le village du district de Panjway, comme l'ont rapporté des témoins. "Il ne faut pas oublier que c'est l'ennemi qui a choisi d'occuper ces maisons. Nous n'avons pas bombardé (...) il n'y a pas eu de bombes avec de grosses explosions qui auraient pu toucher la zone alentour", a insisté le colonel Collins. "Nous ne savions pas qu'il y avait des civils dans les habitations", a-t-il ajouté en assurant que la coalition avait procédé à des "tirs de précision". L'appui aérien a été apporté par des avions américains A-10 Thunderbolt qui peuvent tirer jusqu'à 4.000 obus de 30 mm par minute. Selon le colonel, la coalition a d'abord attaqué une colonne de rebelles à terrain découvert, qui se sont ensuite réfugiés dans des maisons aux alentours. Assadullah Khalid, le gouverneur de la province de Kandahar, a affirmé qu'au moins seize civils avaient été tués et quinze blessés au cours de l'opération. La coalition accepte ce bilan mais continue à mener son enquête. Vingt corps de talibans ont été retrouvés et la coalition pense qu'elle a pu tuer jusqu'à 80 rebelles, a souligné le colonel. Mais selon des témoins du village, le bilan civil est beaucoup plus lourd. La principale organisation afghane de défense des droits de l'Homme a dénoncé une violation des droits de l'Homme et parlé de "25 à 30 morts" sur la base de témoignages.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com