«Usages et traditions de Djerba» : Voyage au cœur des rituels ancestraux





Il y a eu de nombreux ouvrages sur Djerba et ses traditions. Mais celui de Messaoud Fertani intitulé: «Usages et traditions de Djerba» s’illustre par sa façon de restituer les rituels, les traditions. Bref, les souvenirs de l’île des Lotophages. «Ce livre est un hymne d’amour, une invitation au voyage au sens baudelérien du terme, vers un ailleurs lointain». C’est ainsi que l’auteur présentait son livre. Messaoud Fertani, natif de Djerba où il a passé une grande partie de sa jeunesse offre, à travers ce livre, un aperçu rétrospectif et exhaustif sur toutes les activités socio-économiques et toutes les formes de rituels cérémoniaux des habitants de cette île. Il entame son livre par la description du «dres». Il s’agit d’une opération qui suit la moisson et qui consiste à séparer les grains d’orge de leurs épis et dans un espace appelé le «rayeh» qui est une place circulaire aplatie. Après cette présentation, Messaoud guide le lecteur vers un des endroits portant l’empreinte des souvenirs de Djerba à savoir la rue «El Haddadine». Située aux extrémités de Midoun et plus précisément du côté Sud-Est, cette rue tient son nom, du fait, du nombre des forgerons qui y sont installés et qui sont pour la plupart des descendants de la famille des Taazafis. Mais dans cet ouvrage, l’auteur ne s’est pas contenté de ces deux descriptions. Il a fouillé dans ses souvenirs pour dresser un portrait de certains des personnages qui l’ont marqués. «Am Moussa», marchand des légumes à la rue Sidi Mohamed Ben Aïssa fait partie de ces personnages. «Marchand de légumes attitré de Midoun, ouvert tout au long de la semaine, il est connu de tous. Avec sa couleur ébène, sa bonne humeur, sa bonté, son intégrité et son honnêteté, il a réussi à gagner le respect et l’amitié de tous», commente au passage Messaoud Fertani. «Arfa», une cérémonie célébrée durant les deux jours qui précèdent l’Aïd El Kébir, la «Doura», qui est une sortie des fidèles de la Zaouia: «Sidi Mohamed Ben Aïssa» de Djerba, sont également autant de sujets commentés par l’auteur dans son livre. * Le mariage djerbien dans tous ses états Dans la deuxième partie de son livre, Messaoud Fertani braque pleins feux sur les rituels des habitants de l’île des Lotophages. Dans une démarche plutôt anthropologique, il présente les rituels liés à la naissance du nouveau-né. «A Djerba et spécialement à Midoun, la première naissance est entourée de rituels bien spécifiques. Généralement, c’est chez ses parents que la jeune maman accouche, mais si pour une raison ou une autre, l’accouchement se déroule ailleurs «c’est sa mère qui se déplace jusqu’à chez elle pour prendre soin d’elle, le temps de la convalescence appelée le «Nfes» écrit Fertani. Le rituel de la circoncision a été, de son côté, présenté sous un angle historiographique et anthropologique à la fois. Ce rituel qui a lieu généralement à l’âge de cinq ans, peut être retardé à plus de cinq ans, à Djerba pour cause d’absence du père. «La veille du jour de la circoncision est consacrée au henné du jeune garçon et c’est une soirée réservée aux femmes» écrit l’auteur. A Djerba, la «Zommita» (poudre d’orge), joue un rôle particulier dans les différentes cérémonies et les divers rituels du mariage. L’auteur y consacre une longue description hautement significative. Il démontre que parmi les pré-paratifs pour le mariage à Djerba, il y a aussi le jour du «Kalien». C’est le jour consacré à la préparation de la Zommita. L’auteur explicite d’autres rituels à l’instar du «Azzabi» qui est une façon de protéger du mauvais œil la mariée avec des versets du Coran chez un homme pieux et intègre. D’autres sujets relatifs à la cérémonie du mariage, à l’instar du jour du henné, du «mahfel», une cérémonie précédée du «tohadhir», sorte d’invitation sont autant de sujets évoqués par Fertani dans son livre. Il en est de même pour la sortie de la «jahfa» -, au cours de laquelle la mariée est conduite de la demeure paternelle à celle de son futur époux dans une «jahfa», une petite tente décorée sur le dos d’un dromadaire et sous laquelle on met la mariée - qui est présentée sous ses multiples formes. L’auteur consacre également dans son livre quelques pages aux termes spécifiques aux habitants de l’île et qui concernent les lieux, les meubles, les habits pour hommes et femmes, les récipients, les bijoux, entre autres. Le tout est illustré par des photos et des tableaux immortalisant les différentes facettes de l’ambiance à Djerba. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com