Réforme de l’assurance-maladie Les pharmaciens et les médecins spécialistes y voient plus clair…





Les réunions tenues la semaine écoulée entre la Caisse Nationale de l’Assurance-Maladie (CNAM) et les fournisseurs de soins ont été porteuses d’une avancée notable en matière de négociations sur les modalités pratiques de l’application du nouveau régime de couverture-maladie. Le point. Tunis - Le Quotidien Les médecins spécialistes libéraux voient désormais poindre une lueur d’espoir. Leur syndicat créé le 13 janvier 2006 sur fond d’un conflit d’intérêts entre les généralistes et les spécialistes est en passe de devenir l’un des interlocuteurs de la CNAM. Ce syndicat (STMSL) sorti des entrailles du syndicat tunisien des médecins libéraux s’est réuni pour la première fois, vendredi dernier, avec M. Naceur Gharbi, PDG de la CNAM. Devenu le plus représentatif des médecins spécialistes libéraux, le STMSL a exposé sa vision de la réforme de l’assurance-maladie qui s’articule autour de trois axes principaux: le libre choix du médecin tout en étant d’accord sur des formules qui incitent les patients à passer par le médecin de famille (ou médecin référent), le respect de la fourchette ordinale et syndicale des honoraires médicaux ainsi que l’application progressive du nouveau régime en fonction du taux de remboursement des actes médicaux et non pas en matière d’introduction des maladies. Il s’agit d’un projet, somme toute, contradictoire avec celui du STMSL.. Et c’est là où le bât blesse. «Nous sommes d’accord avec la CNAM sur beaucoup de points. Le fait qu’il y ait deux syndicats représentatifs des médecins libéraux ne constitue pas une division mais une complémentarité», tempère le Dr Ali Jebira, secrétaire général du STML. Et de renchérir: «Le STML est devenu le syndicat des généralistes. Il ne faut pas oublier que les médecins spécialistes représentent 54% des médecins de libre pratique et assurent 80% des soins prodigués dans le secteur privé». Les propos du Dr Jebira sonnent comme un divorce consommé entre les généralistes et les spécialistes dont les intérêts ont toujours été divergents. Du côté du STML, on s’attache encore et toujours à l’unité de la représentation syndicale des médecins libéraux. * Remboursement sur trois étapes des médicaments Les pharmaciens d’officine seraient également à deux doigts d’un compromis sur le remboursement des médicaments. C’est que la CNAM a nettement amélioré ses propositions en la matière. L’intérêt se porte sur un remboursement sur trois étapes. La première étape concernera le remboursement à 100% par la CNAM des médicaments relatifs aux affections prises en charge intégralement (APCI) appelées aussi maladies lourdes et chroniques. Durant cette étape le patient ne paie rien et le pharmacien sera remboursé par la CNAM dans des délais ne dépassant pas les 30 jours. Des délais que le syndicat des pharmaciens d’officine s’attachera au cours des prochains rounds de négociations à revoir afin de ne pas perturber la chaîne de distribution des médicaments par un retard de paiement. La deuxième étape concerne le remboursement des maladies ordinaires. Au cours de cette étape, c’est le malade qui paie la totalité des prix des médicaments avant d’être remboursé par la CNAM. La troisième étape sera la plus difficile. D’autant plus qu’elle nécessite la mise en place d’un plafond que le citoyen ne devrait pas dépasser au risque de «sanctionner» le pharmacien et d’une carte électronique qui permettra au pharmacien de vérifier ce plafond. Le mode de paiement sera ainsi, le tiers-payant. Chacune des deux premières étapes s’étalera sur une année le temps de mettre en place le système informatique nécessaire à l’application de la troisième étape. Une autre nouveauté est aussi à signaler: les pharmaciens ne vont plus utiliser les vignettes et les prospectus pour préciser le prix du médicament mais plutôt un cachet. Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com