L’Iran affirme son intention d’étudier les propositions européennes : Téhéran lâche du lest et défie Washington





Tout en défiant les Etats-Unis de pouvoir effectuer des frappes militaires contre Téhéran, l'Iran a indiqué hier vouloir étudier la proposition européenne sur son programme nucléaire, sans pour autant renoncer à son droit à l'enrichissement d'uranium. Le Quotidien-Agences L’Iran a affirmé hier son intention d'étudier des propositions européennes pour mettre fin à la querelle concernant son programme nucléaire controversé, mais a réitéré son refus d'une suspension de l'enrichissement d'uranium. "Nous devons attendre et voir quelles propositions seront faites. Ils devront nous les soumettre pour qu'on les étudie et voir quelle suite leur donner", a déclaré à la presse à Téhéran le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi. Le ministre des Affaires étrangères a pour sa part indiqué que l’Iran est disposé à reprendre immédiatement les négociations avec la Troïka de l’union européenne qui réunit la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Les trois grands européens, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, préparent des propositions visant à convaincre Téhéran de renoncer à l'enrichissement de l'uranium, qui peut conduire à la fabrication de la bombe atomique. Le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE Javier Solana a estimé mardi que l'offre que les Européens présenteront à l'Iran prochainement sera un test des intentions de Téhéran concernant l'utilisation de l'uranium enrichi. "L'offre que nous allons faire dans les prochaines semaines prouvera vraiment, s'ils disent oui, qu'ils sont sérieux. S'ils la rejettent, ce sera encore un signe clair qu'ils ne cherchent pas seulement à produire de l'énergie" nucléaire pour une utilisation civile, a déclaré Solana. L'Iran affirme cependant que son programme vise à produire du combustible pour ses centrales nucléaires et qu'il n'a aucune finalité militaire. Assefi a réitéré qu'un gel de l'enrichissement n'était pas "à l'agenda. Non, nous n'accepterons aucune restriction". "L'arrêt ou la suspension de l'enrichissement ne figure pas sur notre agenda. La République islamique va continuer ses activités. L'enrichissement est de notre droit", a souligné Assefi. Mais le responsable iranien a précisé que son pays pourrait envisager de renoncer à l'enrichissement à échelle industrielle impliquant l'utilisation d'un grand nombre de centrifugeuses et se limiter au domaine de la recherche. "Il y a différentes interprétations des activités expérimentales. Le nombre des centrifugeuses peut être négocié", a-t-il dit. * Incapacité Les Etats-Unis sont actuellement incapables d'effectuer des frappes militaires contre Téhéran car ils sont engagés sur de trop nombreux fronts, a déclaré hier le ministre iranien des Affaires étrangères. "Ils ne peuvent pas. Les Etats-Unis ne sont pas en position d'imposer de nouveaux sacrifices aux contribuables. Il y a de nombreux obstacles en Iran et en Palestine. Ils ne peuvent pas se permettre d'allumer une nouvelle crise dans la région", a estimé Manouchehr Mottaki lors d'une visite en Malaisie. "Les Etats-Unis ne veulent pas que d'autres pays possèdent la technologie nucléaire. C'est une politique à deux vitesses. Et c'est inacceptable", a ajouté le ministre qui s'exprimait à l'occasion d'une réunion des 114 pays du Mouvement des Non-Alignés (MNA). L'organisation doit publier une déclaration de soutien au droit de l'Iran à posséder la technologie nucléaire à des fins pacifiques. "Les ministres ont réaffirmé le droit fondamental et inaliénable des pays à développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques", indique le projet de texte.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com