Fort d’un soutien américain : Le Tchad continue à mettre en cause le Soudan





Fort d’un soutien américain, le Tchad multiplie les mises en cause du Soudan, accusé de reconstituer la rébellion qui a juré de renverser le président Idriss Deby Itno en vue de nouvelles attaques, alors que des émissaires se succèdent à N'Djamena pour tenter d'apaiser la tension. Le Quotidien-Agences Après avoir rompu leurs relations diplomatiques avec Khartoum et accusé le président soudanais Omar el-Béchir de "génocide" au Darfour, les autorités tchadiennes ont affirmé cette fois que leur voisin était en train de réarmer les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc). Dans un communiqué publié lundi soir, la présidence de la République a assuré que le gouvernement soudanais avait lancé "un recrutement forcé de jeunes dans le Darfour (dans l'ouest du Soudan) en remplacement de ceux ayant péri lors des derniers combats à Adré (dans l'est du Tchad) et à N'Djamena". Le Tchad accuse depuis des mois le Soudan d'être derrière les raids menés sur son territoire par les rebelles du Fuc. Les autorités de Khartoum comme les rebelles du Fuc ont toujours catégoriquement démenti. * «Inacceptable» Toutefois, l'implication du Soudan dans une tentative de "déstabilisation" du Tchad ne fait plus guère de doutes dans de nombreuses capitales. Pour la première fois, bien qu'en termes très diplomatiques, les Etats-Unis ont averti lundi soir Khartoum que tout appui aux rebelles tchadiens serait désormais considéré comme "inacceptable". Le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack a déclaré que Washington n'avait "pas abouti à des conclusions définitives" sur l'implication du Soudan, mais un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat n'a pas fait mystère que Khartoum y était probablement mêlé. Dans ce climat d'extrême tension entre le Tchad et le Soudan, les émissaires se succèdent à N'Djamena pour tenter d'apaiser la crise. Après un responsable libyen, un envoyé du président de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré devait rencontrer mardi à N'Djamena le président Deby. Sur le front militaire, la situation semblait toujours calme hier, après les accrochages rapportés ce week-end dans la région de Sahr (sud). "Il n'y a plus de force constituée qui menace le territoire", a assuré lundi le ministre des Affaires étrangères Ahmat Allami. Toutefois, les autorités tchadiennes redoutent une reprise des combats à l'approche de l'élection présidentielle du 3 mai, que le président-candidat Deby a décidé de maintenir contre vents et marées. Un porte-parole du Fuc, Albissaty Saleh Allazam, a d'ailleurs confirmé que les rebelles allaient "tout faire pour empêcher l'élection".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com