Refka : Prémices d’une diva





Le temps semble s’être arrêté sur ses mélodies particulièrement sensibles, pénétrées de sentiments et d’idées. Rien ne semble troubler la transparence du tissu mélodique qui se dégage de sa voix. Refka chante et enchante. La jeune diplômée de l’Institut supérieur de musique de Tunis compose et interprète ses propres chansons et dirige son orchestre «Chuchotements» qui résonne par des notes et des mots convaincants. Son non «Refka» qui veut dire en français «amitié», en dit bien des choses sur cette jeune femme qui nous convie amicalement, délicatement à son écoute. Le hasard a fait que l’on rencontre l’artiste lors de la soirée hommage du samedi dernier au «Mondial» consacrée aux figures de proue du cinéma tunisien. Refka y accompagnait un orchestre reprenant des thèmes musicaux et des chansons de films tunisiens. Elle est, en effet, l’auteur de l'identité sonore de la première édition des Journées du cinéma tunisien organisées par l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique. Lors de la deuxième partie de la soirée le public a eu droit à un concert où la voix off d’un piano et d’un saxophone se laissaient entendre. Elle était accompagnée dans cette expérience nouvelle du violoniste Raja Ben Jemaâ et du guitariste Ahmed El Haj. Refka a une voix de soprano forte et perchée au sommet de la gamme. Elle chante «Rahil» (Départ), «Ayem» (Jours), «Tamannaïtou» (J’ai souhaité), «Osfour», (Oiseau). Des chansons de son propre répertoire et celui aussi de Oumaïma Khalil qui invitent au rêve et donnent des ailes pour s’envoler à son gré tel un oiseau libre, ivre de joie et de vie. Bien avant cela Refka s’est produite à «Al Achouria» et à «Slimania» et était membre de la troupe «Ajrass» dirigée par Adel Bouallag. Refka est une fille bien élevée qui ne cherche pas, comme bien d’autres, à jouer sur son physique ou à user d’une gestuelle maniérée pour attirer la convoitise de certaines âmes mal-intentionnées. La fille est imbue de son art. Finalement être une artiste qui crée de l'art, du vrai, n’est pas lié à l’âge, car Refka n’a que 24 ans… et quelques poussières. Tout ce qu’on espère, c’est que Refka, qui est actuellement concentrée sur son mastère, reste égale à elle-même, mais aussi qu’elle retrouve l’appui qu’il faut pour pouvoir persévérer. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com