Irak : Relancer le processus politique





Sur fond de chaos sécuritaire, les députés irakiens se sont réunis hier pour décider des nominations à la tête de l'Etat et relancer le processus politique grippé depuis des mois, après la confirmation du choix du chiîte Jawad Al-Maliki au poste de Premier ministre. Le Quotidien-Agences La réunion, plus de quatre mois après les élections législatives du 15 décembre, a désigné le sunnite Mahmoud Machhadani président du Parlement irakien. Machhadani seul candidat a obtenu 159 voix soit plus que la majorité de 138 voix. Lors de cette réunion on devait, par ailleurs, désigner un chef de l'Etat, un Premier ministre et un président du Parlement avec chacun deux adjoints. Mais la liste des neuf noms n'est pas complète et il est possible que certains postes restent sans titulaire immédiat en attendant d'autres négociations entre les différents blocs politiques. L'Alliance unifiée irakienne (AUI), le bloc chiîte qui a le premier groupe parlementaire avec 128 députés sur 275, aborde la réunion avec trois candidats, dont celle de Maliki, du parti Dawa, au poste clé de Premier ministre. "L'instance politique de l'AUI a approuvé la candidature de Jawad al-Maliki au poste de Premier ministre, de Adel Abdel Mehdi au poste de vice-président de la République et celle de cheikh Khaled al-Attiya à celui de vice-président du Parlement", a déclaré le puissant chef chiîte Abdel Aziz Hakim à la presse. Le choix s'est porté sur Maliki avant-hier soir lors d'une réunion des sept composantes de l'AUI, dont le parti de Hakim, le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII) et le parti Dawa du Premier ministre sortant Ibrahim Jaafari, ancien candidat qui a fini par lâcher sous les pressions, son nom ayant été rejeté par les Kurdes et les Arabes sunnites. Parlant également à la presse, Maliki s'est engagé à "œuvrer à la formation d'un gouvernement d'union nationale qui aura à faire face au terrorisme et à la corruption". * Promesses "Nous allons travailler à lever les injustices héritées de la dictature qui frappent toutes les catégories du peuple irakien qu'elles soient arabe, kurde, sunnite, chiîte, sabéenne ou yézédie", a-t-il dit."Nous devons travailler à soigner les blessures et rétablir les gens dans leur dignité qui a été violée par l'ancien régime", a poursuivi Maliki. Il a rappelé qu'il disposera, une fois approuvé par le Parlement de 30 jours pour former un gouvernement, espérant pouvoir mettre en place une "équipe forte et capable de faire face aux défis politiques, sécuritaires et économiques". "Chaque ministère ne sera pas la propriété de son détenteur, ni celle de sa confession ou de son ethnie", a-t-il averti, affirmant vouloir choisir des "technocrates, forts, probes et capables de se dresser devant les difficultés". Au niveau de la politique étrangère, Maliki a dit que son gouvernement tentera d'"avoir les meilleures relations avec ses environnements arabes et islamiques" et de rompre avec le bellicisme de "l'ancien régime qui a agressé l'Iran et le Koweït". Concernant la présence militaire étrangère, il a dit qu'il "va s'employer à donner aux forces irakiennes les moyens de reprendre à leur compte le dossier sécuritaire". * Attaques Entre-temps, sur le terrain, sept Irakiens ont été tués et 11 blessés hier matin lors de différentes attaques survenues au nord de Bagdad, a-t-on appris auprès de plusieurs sources de sécurité. "Un engin artisanal a explosé à proximité immédiate d'un magasin vendant des matériaux de construction, tuant un passant et mettant le feu à la boutique, dans le marché de la ville de Moqdadiyah, à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad", a affirmé une source de sécurité. "Une équipe de pompiers est alors arrivée pour éteindre l'incendie, quand une seconde bombe a explosé, tuant un pompier et blessant 10 personnes", a-t-elle ajouté. Des hommes armés ont abattu un officier de police vers 10H00 dans l'ouest de Baaqouba, blessant également son père, a indiqué une autre source. Peu après, dans le même quartier, l'adjoint du vétérinaire en chef de la province de Diyala, dont Baaqouba est la capitale, a été tué par balles, ainsi qu'un autre civil lors de deux attaques séparées. Enfin, un officier de la police et son cousin qui venait de s'engager dans l'armée ont été abattus par des hommes armés près de Khalès, à 20 km au nord de Baaqouba.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com