Nucléaire : L’Iran n’obéira pas au Conseil de sécurité





Le président iranien a confirmé hier que l'Iran n'entend pas se plier à la demande du Conseil de sécurité de l'Onu de suspendre son enrichissement d'uranium d'ici à vendredi, selon le délai qui lui a été accordé par la communauté internationale. Le Quotidien-Agences Le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rejeté hier la demande du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre son enrichissement d’uranium en le qualifiant d’»erronée». Les Occidentaux «ne devraient pas penser qu’ils peuvent baptiser une décision erronée avec l’aide du Conseil de sécurité», a dit le président lors d’une conférence de presse. «Changez votre décision et nous nous assoirons pour discuter», a-t-il ajouté. Il a, à se propos, jugé «improbable que le Conseil impose des sanctions à l’Iran.«Les deux ou trois pays qui nous sont tellement opposés ont suffisamment de jugement pour ne pas faire cette erreur. Ils ne peuvent pas nous imposer de limitations. Ils y perdront eux-mêmes», a-t-il indiqué lors de la conférence de presse. Ahmadinejad a, enfin, menacé que l’Iran quittera le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) si des pays «veulent le priver de ses droits». Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a réitéré, auparavant, la position de Téhéran sur le sujet hier. Les Etats-Unis, avec l'aide du Conseil, "veulent contrecarrer la volonté ferme du peuple iranien", a dit le ministre lors d'une conférence sur la sécurité régionale. "Ils disent: nous, nous pouvons détenir des armes nucléaires, mais vous, vous ne pouvez pas avoir la technologie nucléaire", a poursuivi le ministre, en jugeant que "cette logique est condamnée, et la nation iranienne le prouvera en étant ferme et unie". Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a demandé le 28 mars à l'Iran de notamment suspendre son enrichissement d'uranium d'ici au 28 avril. Dimanche, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, avait confirmé la position de Téhéran selon laquelle l'enrichissement d'uranium est "irréversible". * La France préoccupée Cette déclaration a fait dire au chef de la diplomatie française Philipppe Douste-Blazy que les Occidentaux sont "excessivement préoccupés" par le sujet. Evoquant l'échéance du 28 avril, Douste-Blazy a expliqué que "si la réponse est négative, le Conseil de sécurité aura à prendre des responsabilités et tout le monde sait que dans la panoplie du Conseil de sécurité il y a de possibles sanctions". Mais les membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) sont divisés sur la marche à suivre. Washington souhaite que le Conseil adopte contre l'Iran une résolution invoquant le chapitre 7 de la Charte de l'Onu, ouvrant ainsi la voie à des sanctions et au besoin à l'usage de la force. Les Etats-Unis bénéficient du soutien de la France et du Royaume-Uni, qui envisageraient, selon le sous-secrétaire d'Etat américain Nicholas Burns, de déposer une résolution de ce type devant le Conseil début mai. Mais ce scénario se heurte pour l'instant à l'opposition de Pékin et de Moscou, qui privilégient une solution "diplomatique" pour résoudre la crise. Les deux puissances ne montrent par ailleurs aucun signe de vouloir se plier à l'appel américain à restreindre leurs relations commerciales avec l'Iran. La presse officielle chinoise a ainsi annoncé hier la conclusion d'un contrat de livraison de 50 trains chinois de passagers à la république islamique, conclu dimanche et financé à 85% par des prêts de la république populaire. De son côté, la Russie a déclaré qu'elle entendait bien honorer un contrat de livraison de systèmes d'armes anti-aériennes sophistiquées, malgré un appel de Washington à ne pas s'engager dans cette voie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com