Egalité entre les deux sexes : Les garçons pensent que les filles gardent encore le second rang





Fini le temps de la suprématie totale de l’homme. Hommes et femmes sont censés être traités en tant que deux êtres égaux en droits et soumis aux mêmes obligations. Peut-on aujourd’hui confirmer l’égalité complète entre les deux sexes surtout s’agissant de jeunes personnes généralement enclines à suivre la tendance? Les jeunes en parlent à cœur ouvert. Tunis-Le Quotidien Il a fallu un parcours de combattant pour que la femme s’émancipe d’une domination masculine quasi totale. Autrefois, la tendance était à accorder des faveurs injustes ou illégales à ceux qui portent le pantalon. Jouissant d’un traitement de faveur, les hommes étaient traités et considérés de manière très différente. Les communautés dont essentiellement les sociétés arabo-musulmanes ramenaient tout à la place primordiale qu’occupe l’homme. Ce sont les faits et les points de vue masculins qui étaient privilégiés. L’élément mâle dominait. Le système social était fondé sur l’autorité exclusive et prépondérante de l’homme. A présent, les choses ont changé. Les femmes ont pu s’affranchir de cette domination. Depuis des décennies, les femmes bénéficient d’une plus grande marge de liberté. Elles ont acquis des droits dont elles étaient privées. Il ne semble plus que le fait d’être né parmi l’élément féminin soit aujourd’hui encore considéré comme une fatalité dans la mesure où les deux sexes sont censés être traités de manière égalitaire et équitable. Ce constat est-il vrai? Bilel Gmati, 19 ans, élève, infirme ce constat. Selon le jeune homme, il faut encore doubler d’efforts pour que la mentalité misogyne soit réellement éradiquée. «A la maison, les filles sont traitées plutôt avec faveur. Elles sont choyées et chouchoutées. Mais une fois dehors, elles doivent se plier aux règles sociétales qui, à mon sens, demeurent hostiles à l’émancipation de la femme. Personnellement, je considère les filles en tant que partenaires en bonne et due forme. Elles doivent absolument avoir les mêmes droits que l’homme et ce, surtout, sur le plan officieux. Parce qu’officiellement, elles bénéficient pratiquement des mêmes droits, mais tout se joue au niveau de la mentalité et des comportements sociaux», dit-il. Hamza Ben Salah, 17 ans, pense aussi que l’égalité totale entre les deux sexes n’est pas encore de mise et, selon le jeune homme, il vaut mieux ainsi. «Au sein de la famille, filles et garçons sont traités de la même manière. Mais s’agissant de nos droits en dehors du cadre familial, les choses changent. Ma sœur n’a jamais eu le droit de sortir seule en dehors des études. Elle n’avait pas le droit non plus d’avoir une relation amoureuse ou de se vêtir comme bon lui semble. Ce n’est pas le cas pour moi. Pourtant, ma sœur est bien plus âgée que moi. Je ne trouve pas ce comportement injuste. Une grande liberté accordée aux filles peut avoir des conséquences néfastes qui vont à l’encontre de la morale. D’ailleurs, nous avons aujourd’hui affaire à une catégorie féminine qui comprend mal la liberté», dit-il. Bilel Ben Ammar, 17 ans, est pour l’égalité totale entre les sexes en dehors d’un… détail: la virginité. «Les filles sont traitées exactement comme les garçons à mon sens. Nous ne pouvons plus aujourd’hui parler de misogynie. Les filles étudient, sortent, côtoient les garçons et s’habillent librement. La société accorde à présent les mêmes droits aux filles. Toutefois, une société arabo-musulmane ne dépassera jamais le complexe de la virginité féminine. Un homme ne laisse pas de trace quoi qu’il fasse. Or, il suffirait peut-être d’une seule «erreur» pour que la fille soit indignée. Cette mentalité ne changera pas facilement. Et franchement, nous ne pourrons pas tolérer certains comportements libéraux de la part des femmes», dit-il. Jawaher, 23 ans étudiante, pense que la société favorise toujours et encore l’homme aux dépens de la femme. «Croire à l’égalité entre les deux sexes au sein d’une société partenariale par excellence est une grande illusion. L’homme est totalement favorisé à la maison ou ailleurs. Chez moi, je dois respecter les ordres de mon frère, même s’il est beaucoup plus jeune que moi. Nous sommes traités de manière équitable seulement en ce qui concerne la nourriture. En dehors de ce que nous «mangeons», nos frères sont privilégiés sur tous les plans. Il y a beaucoup de favoritisme aussi bien au sein des familles qui considèrent la descendance mâle comme l’aboutissement des seuls êtres qui vont garantir la transmission du nom, qu’au sein de la société qui porte un regard misogyne à l’égard des femmes. D’ailleurs, même ceux qui prétendent croire à l’égalité entre hommes et femmes agissent contrairement à cette théorie», dit-elle. Rym, 23 ans, étudiante, est catégorique: «Bien sûr que l’égalité entre les deux sexes n’existe pas!», dit-elle. Et d’ajouter: «A la maison, dans la rue ou ailleurs, l’égalité entre les deux sexes n’existe pas. Il y a très peu de Tunisiens qui traitent la femme exactement comme l’homme. Je me demande pourquoi la réputation a toujours été une responsabilité féminine. Ce n’est pas que je sois pour les actes immoraux, au contraire! Mais, je me demande pourquoi un homme qui collectionne les conquêtes, n’est pas considéré en tant qu’être impur et indigne. Or, il suffit d’une seule erreur pour que la femme soit condamnée à vie et à porter l’étiquette de femme non chaste. Pourquoi la société ne se montre-t-elle pas aussi sévère envers les hommes? L’homme qui consomme de l’alcool, qui fume, qui a des relations sexuelles reste indemne, mais une femme est automatiquement stigmatisée!», dit-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com