Kaléidoscope





Les voyages de Lazhar Hakkar Cet Algérien d’origine est unique dans son genre. Sa cape toute en noir, il la fait parler, et lance en elle le sort lumineux et à sa manière. Depuis samedi dernier, et jusqu’au 17 mai , Lazhar Hakkar nous propose ses «Voyages» au Chérif Fine Art de Sidi Bou. Il s’agit d’un univers peuplé de diverses silhouettes qui plongent, plongent dans le sombre le plus absolu. Mais pas dans l’abîme. Car la plongée est en spirale toute criblée. Et l’air de siffler et la lumière de pénétrer transgressant le noir et faisant avancer ces hommes et ces femmes anonymes, tout doucement, tout prudemment sans les agresser comme une brise matinale toute fraîche, Hakkar a sa propre langue. Une langue un peu singulière pour narrer les choses du monde. Un monde agité, fracassé, écumé de regards flous, enchevêtré de branches en lacis. Derrière ce voile tragique, les êtres de Hakkar continuent leur marche. Sur leur route parsemée d’épines, ils murmurent en poésie saccadée et gravent leur espoir en calligraphie dans une sorte de valse entre les champs qui bordent les rivières et ces dernières qui fendent les collines et les montagnes dans un cri... de joie qui caresse toutes les belles créatures. Pour voir le monde danser comme des enfants, des enfants fous, fous d’amour et d’expression. ____________________ Vredenburg accueille les nôtres en musique Kamel Ferjani n’est pas tombé de ces dernières pluies. Car il est de ceux qui trimballent depuis des années toute une carrière derrière eux et qui ont de l’art à en revendre. Déjà le «môme» de Tunis qui a fréquenté dès l’âge de dix ans les conservatoires de musique conserve dans ses tiroirs une maîtrise de l’Institut Supérieur de Musique datant de 1986, et un lot de diplômes de spécialités en musique et musiologie d’un troisième cycle à Strasbourg. Mais aussi une série de reconnaissances en Europe et au Moyen-Orient. Le fondateur de l’Orchestre de la Musique méditerranéenne (1991) qui a fait l’ouverture de plusieurs festivals internationaux d’été notamment celui de Hammamet, de Sousse, de Monastir... a souvent inauguré le festival de la Médina. Pour sa première tournée à l’orée de 2006, Kamel Ferjani ne peut qu’être fier de sa participation en Hollande. Invité au Grand Tour Middellandse Zee, il va se produire avec l’orchestre prestigieux de la Radio NPS qui organise cette manifestation impliquent avec bonheur des artistes du Maroc et autres de Palestine. Comme Amina Aloui avec sa musique toute en poésie, Mohamed Rouicha qui tire son répertoire du patrimoine berbère du fond de l’Atlas et Moneïm Adwan avec son ûd émouvant qui raconte l’exil et l’état de détresse la Palestine. Quant à notre Kamel Ferjani national qui sera entouré ce vendredi 27 avril d’une pléiade d’au moins dix-huit artistes comme Slim Dammak, Chiraz Hellal et autres Dorsaf Hamdani, il va démontrer le meilleur de lui-même et de son art. Avec son «Estekhbar» qui est déjà en CD, ça va résonner aux Pays-Bas, cette douce musique de tous temps pour raconter la trame humaine en poésies, en notes et surtout en harmonie, et biffer enfin ces murs qui coupent notre géographie à tous. Ce rendez-vous de Vredenburg présente une invitation à l’heureuse cohabitation entre les citoyens du monde. ____________________ Mourad Harbaoui aux anges Il vient d’être couronné, il y a seulement trois jours par l’Association des arts plastiques de Sfax après sélection de 38 œuvres sur une centaine, d’un prix haut en symbole. Mais il n’est pas là pour le moment pour le recevoir. Et pour cause. Il se trouve avec sa future douce moitié Houda Laâjili à Paris. Tous deux artistes-peintres de cette génération qui affectionne l’abstrait figuratif accentué avec des couleurs fauvistes. Ils sont sur la liste de ces artistes qui s’invitent pour participer au Salon des Artistes indépendants. Pour cette 117ème session qui se déroule du 27 avril au 2 mai 2006 à l’espace Champerret du 17ème arrondissement parisien, ce Salon fondé depuis 1884, ne cesse de donner la chance aux artistes du monde. Le 116 rendez-vous a été dédié à un grand peintre français, Maurice Utrillo qui a cabotiné entre les jets sourds et nuances raffinées imprégnées dans des couleurs vives qu’on retrouve surtout dans les paysages urbains et la butte Montmartre. Pour l’actuelle session, le Salon rend hommage à un autre artiste, le maître du trompe-l’œil, Cadion. Notre couple Mourad et Houda ne va pas se contenter de cette invitation. Une fois sur place, les deux jeunes artistes vont profiter de leur séjour parisien pour découvrir d’autres artistes afin de s’ouvrir sur d’autres horizons... A l’internationale. C’est leur droit le plus légitime. Surtout qu’ils sont à la fleur de l’âge et de l’art. Bonne continuation. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com