Foire Internationale du Livre : Habib Selmi de la partie





L’écrivain tunisien résidant en France Habib Selmi sera l’invité de l’Institut Français de Coopération à la 24ème Foire du Livre de Tunis, qui se tiendra au Palais des Expositions du Kram, du 28 avril au 8 mai. Après la publication en français de deux de ses romans «La Montagne des chèvres» et «Les Amants de Baya» aux éditions Acte Sud, à Marseille, en France, le romancier tunisien résidant à Paris, Habib Selmi a enfin un roman disponible en langue allemande, «Bajjas Liebhaber». Ce roman couronné, à sa parution en arabe, en 2002, par le Prix spécial du Jury Comar, est paru aux éditions Lenos Verlag, à Baal, en Suisse, dans une traduction de Regina Karachouli. Depuis son premier recueil de nouvelles, «Les cités du migrateur», qui a reçu le prix du ministère de la Culture en 1978, Habib Selmi construit une œuvre romantique à la fois exigeante et très personnelle, qui compte six romans et deux recueils de nouvelles. Il est, aujourd’hui, le romancier tunisien le plus connu dans le monde arabe et le plus traduit dans les langues étrangères, notamment le français et l’allemand. Habib Selmi, qui vit depuis une vingtaine d’années à Paris, où il enseigne la langue arabe, semble avoir trouvé enfin son rythme de croisière avec la publication d’un nouveau roman tous les deux ou trois ans. Son sixième et dernier roman, «Asrar Abdallah» (Les Secrets de Abdallah) a été publié l’année dernière en arabe à Beyrouth, au Liban (Editions Dar Al Adab 272 pages). Il y raconte dans un style très dépouillé, caractérisé par une grande économie de langage, conjuguée à un grand souci de détail, les tribulations d’Abdallah, un gendarme à la retraite, vivant dans un village du centre de la Tunisie, El Ala (village natal de l’auteur). Nous sommes à la fin des années 1950. Abdallah est un être un peu maniaque -il pense tout le temps à ses biens mal acquis et aux moyens de préserver les documents de propriété-, paranoïaque sur les bords -voyant des ennemis partout, mais aussi voyeuriste, il passe son temps à épier ses proches, à décrypter leurs gestes, à tendre l’oreille à leurs chuchotements. Il régente son petit monde comme un dictateur régnant sur un empire. Tout, chez lui, est en demi-teinte, moins clair qu’obscur, vaguement mystérieux, dérobé à la lumière des hommes, volé à la vérité des dieux. Dans «Ochaq Baya», ou «Les amants de Baya», ou encore «Bajjas Liebhaber», son roman traduit en l’allemand, Habib Selmi peint l’univers magique d’un village du centre de la Tunisie, à travers les récits entrecroisés de quatre vieillards qui se réunissent, chaque jour, sous un immense olivier, pour raconter, chacun avec ses mots et ses images, leur passion commune pour la sulfureuse Baya, qui cristallise toutes leurs frustrations et leurs fantasmes. Cet hymne à l’amour et à la vie est écrit dans une langue à la fois simple et dense, travaillée par une grande sensibilité poétique. La collection de littérature arabe contemporaine, dirigée par l’arabisant allemand Hartmut Fandrich, dans laquelle a paru «Bajjas Liebhaber», a déjà publié des œuvres des écrivains palestiniens, Ghassen Kanafani, Emile Habibi, Mahmoud Darwiche, égyptiens Gamal Al Ghitani, Edward Al Kharrat, Ibrahim Aslan, Baha Taher et Mohamed Al Bissati, syriens, Zakaria Tamer, Hanna Mina et Salwa Bakr, libanais Youssef Idriss, Hanène Al Scheïkh et Alia Mamdouh ainsi que de l’Algérien Wassini Laâredj et du Libyen Ibrahim Al Kouni. Avec ce nouveau couronnement international, Habib Selmi s’impose définitivement comme le romancier tunisien le plus prolifique et le plus méritant de sa génération. Il mérite, en tout cas, que son pays s’intéresse un peu plus à lui. En effet, des auteurs de sa trempe, capable de figurer dans de prestigieuses collections, aux côtés des meilleurs auteurs mondiaux, nous n’en avons malheureusement pas beaucoup en Tunisie. Zohra ABID ________________________ Rencontres à gogo Avec ses cinq romans et deux recueils de nouvelles, le romancier Habib Selmi va se trimballer un peu partout lors de cette Foire internationale du Livre. Le samedi 29 avril à 15h00 l’espace Fouq Essour, lui ouvrira ses portes pour qu’il parle de son expérience littéraire. Le même jour, les Marsois l’attendent à 18h00 à la Librairie Claire Fontaine. Dimanche 30 avril, Habib Selmi sera parmi les participants au colloque «L’avenir du livre». Quant au 1er mai, c’est le journaliste Hatem Bouriel qui s’en charge pour animer la rencontre avec cet écrivain résidant à Paris, prévue à 15h00 au Parc des expositions du Kram.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com