Euromed : Un processus complexe mais hautement vital





Hammamet — Le Quotidien Si le Processus de Barcelone (expression pratique de la coopération euro-méditerranéenne) a démarré sous des auspices essentiellement économiques, il est vite apparu que les deux Rives avaient besoin de s’engager dans un débat beaucoup plus étoffé pour parvenir vraiment à faire la part des choses. Une foule impressionnante de détails sur lesquels il fallait s’entendre est ainsi montée à la surface : émigration, dilemme palestino-israélien, Europe de l’Est, lutte contre le terrorisme, choix civilisationnels... M. Abdelwahab Abdallah, ministre des Affaires étrangères, a profité du 9ème Forum international de notre confrère «Réalités» (27 et 28 avril à Hammamet) pour «improviser» une intervention magistrale où il a rendu à César ce qui appartenait à César et où il a clarifié quelques points de litige. Le Forum international de «Réalités» est devenu une sorte de Think Tank annuel où la société civile des deux Rives de la Méditerranée débat, à bâtons rompus, des questions actuelles communes. Cette année, l’ordre du jour tel que présenté par M. Taïeb Zahar, directeur de «Réalités», s’intéresse aux impacts multiples de la mondialisation sur la région et «s’interroge» sur l’avenir de l’Euromed. Un vocable que M. Abdelwahab Abdallah, ministre des Affaires étrangères, récuse comme définitivement caduc et lui substitue le crédo suivant : «Il n’y a plus d’interrogation qui tienne concernant l’avenir de l’Euromed. Car cet avenir, c’est à nous, Méditerranéens du Nord et du Sud, de le construire». Le ministre ne mâche pas ses mots quand il souligne qu’il n’y a pas d’autre alternative, que nous sommes tous «comptables» de l’avenir de cet espace et que nous devons envisager les moyens les mieux choisis pour un objectif qui ne peut être que l’union et la coopération les plus fortes possibles. M. Abdallah tient également à clarifier des points que certains ont interprétés à leur manière à propos du dernier Sommet de Barcelone. De fait, certaines absences remarquées ont été interprétées comme un boycott alors qu’il s’agissait simplement de causes conjoncturelles où il n’y avait pas le moindre consensus. Pourtant, il ne cache pas que les 10 années que compte actuellement le Processus de Barcelone n’ont pas toujours été à la hauteur des espérances, aussi bien pour les peuples du Nord que ceux du Sud. Il n’empêche que le Sommet a mis le doigt sur les faiblesses et c’est une attitude extrêmement positive puisqu’elle permet d’anticiper les problèmes à venir et d’y faire face. Dans le chapitre des difficultés, le ministre évoque les questions économiques et le dilemme palestino-israélien mais s’attarde sur le problème migratoire et la lutte contre le terrorisme. Sur ce dernier point, il rappelle d’ailleurs que le Président Ben Ali a été, dès le début des années 1990, le premier Chef d’Etat à appeler à la concertation régionale et internationale et à l’adoption d’un Code de conduite commun. Quant à l’émigration, M. Abdallah attire l’attention sur deux éléments de grande signification : d’abord le fait que nous devons cesser de considérer l’émigration selon la seule perspective sécuritaire pour se porter au schéma global de développement, et puis se pencher avec intérêt sur l’expérience tuniso-italienne qui a largement fait ses preuves pour une coopération cohérente en matière d’émigration. Une cohérence que la Tunisie veille à assigner à tous ses choix stratégiques et civilisationnels et qu’elle assortit à toutes ses prises de décision pour substituer à l’incompréhension qui persiste dans certains pays un idéal de progrès, de modernité et de tolérance. Et c’est dans cet ordre d’idées que s’inscrit son choix de s’arrimer définitivement à l’espace euro-méditerranéen. Manoubi AKROUT manoubi.akrout@planet.tn


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com