Crise du Hamas : Vers l’adoption du plan de paix arabe ?





Isolé diplomatiquement et étranglé financièrement, le gouvernement du Hamas cherche une issue à sa crise, qui pourrait passer par l'adoption du plan arabe de paix, impliquant la reconnaissance d'Israël. Le Quotidien-Agences Le vice-Premier ministre, Nasseredine al-Chaer, a affirmé sur le site internet du Hamas, que le gouvernement était prêt à "payer un prix politique" en acceptant le plan de paix arabe, a condition qu'Israël applique les décisions internationales sur le conflit israélo-palestinien. "Nous n'avons pas peur de payer un prix politique, mais il doit être payé en coordination avec les pays arabes, collectivement", a affirmé Chaer. "Le point de départ peut être les décisions des sommet arabes, en particulier le sommet de Beyrouth, mais ces scénarios doivent être débattus en interne", a-t-il dit. Il a assuré que "rien n'a encore été décidé". L'initiative arabe de paix, adoptée lors du sommet de Beyrouth en 2002, prévoit la normalisation des relations des pays arabes avec Israël, en échange du retrait israélien total des territoires arabes occupés en 1967, et de l'établissement d'un Etat palestinien. La Ligue arabe avait demandé en mars au gouvernement du Hamas d'accepter cette initiative, à l'occasion d'une réunion du ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, au siège de l'Organisation, au Caire, avec les délégués arabes. Zahar avait indiqué que son gouvernement, étranglé financièrement par la communauté internationale, allait "examiner la question". Il avait cependant laissé ouvertes toutes les options, indiquant que le plan arabe avait "des intentions sincères (...) bien qu'il comporte des clauses que nous n'acceptons pas, comme la reconnaissance" d'Israël. Le vice-Premier ministre du Hamas a conditionné l'acceptation du plan arabe de paix à "la reconnaissance de la légalité palestinienne (par Israël) et l'application de ce qui lui a été demandé", en référence aux décisions internationales et aux résolutions de l'Onu. * Pressions Il a appelé la communauté internationale à exercer des "pressions" sur Israël dans ce sens. "Il n'est pas acceptable que des pressions soient exercées sur les victimes (Palestiniens), qu'on leur demande de reconnaître (Israël) et dans le même temps qu'il (Israël) ne donne rien en échange", a-t-il ajouté. La communauté internationale demande au Hamas de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et de reconnaître les accords signés entre Israël et les Palestiniens. Interrogé sur les déclarations de Chaer, le porte-parole du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad, a affirmé que le plan de paix arabe était en discussion au Hamas. "Il y a des discussions et des propositions", a-t-il dit. "La question de la reconnaissance d'Israël est rejetée. Nous sommes pour des solutions qui ne renient pas les principes palestiniens", a-t-il toutefois ajouté. L'Autorité palestinienne fait face à une crise financière aiguë qui s'est aggravée après l'entrée en fonction, fin mars, du gouvernement issu du mouvement islamiste Hamas, boycotté et privé d'aide par l'Europe, principal donateur du peuple palestinien, avec quelque 500 millions d'euros par an, ainsi que par les Etats-Unis. Les salaires de mars et avril des quelque 160.000 fonctionnaires de l'Autorité palestinienne n'ont pas encore été payés. La situation est d'autant plus difficile pour le gouvernement palestinien que les banques sont réticentes à lui transférer des fonds recueillis notamment par la Ligue arabe. Ces banques craignent des sanctions de la part des Etats-Unis, qui considèrent le Hamas comme une organisation terroriste et interdisent toute transaction avec lui.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com