Malgré les menaces de l’ONU et des Américains : L’Iran reste inflexible





L'Iran reste inflexible dans son refus de se plier aux exigences du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre son enrichissement d'uranium, alors que le délai fixé par la communauté internationale expire aujourd'hui. Le Quotidien-Agences Loin de montrer un signe de conciliation, les dirigeants iraniens ont répété presque chaque jour cette semaine que Téhéran n'entendait "pas reculer d'un iota" sur son programme, comme l'a affirmé hier le président Mahmoud Ahmadinejad. "Nous ne nous soumettrons pas à l'injustice et à la pression. S'ils veulent violer les droits du peuple iranien, nous imprimerons le signe de la honte sur leur front", a déclaré le président lors d'un rassemblement, diffusé par la télévision, à Zanjan, située à 320 km à l'ouest de Téhéran. "Grâce à Dieu, nous sommes un pays nucléaire. Nous voulons la paix et la sécurité et nous ne sommes une menace pour aucun peuple. Nous sommes prêts au dialogue pour désarmer les grandes puissances afin de renforcer la paix et la sécurité dans le monde", a-t-il ajouté. Ces déclarations ont été assorties de menaces de représailles sévères à une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, comme en a averti avant-hier encore le guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei. A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a dénoncé dans la foulée un "régime qui continue à défier la communauté internationale" et "à s'isoler du reste du monde par ses déclarations, ses menaces et ses actions". Dans le même temps, la Chambre des représentants américaine a voté un projet de loi visant à "faire rendre compte à l'Iran de son attitude menaçante et à soutenir une transition démocratique". Dans ce contexte la Chine a appelé au calme hier, estimant que la crise nucléaire iranienne se trouvait à un "moment crucial". Pékin a espéré que "toutes les parties concernées garderont leur calme, feront preuve de modération et créeront les conditions favorables pour résoudre correctement la question", a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, lors d'un point de presse. * Compromis Mais du côté de Téhéran, les éventuels partisans d'un compromis, ou tout au moins de discussions sur le sujet, sont particulièrement discrets. L'ancien ambassadeur d'Iran à Paris, Sadegh Karazi, a fait exception à la règle hier, en prônant un dialogue direct avec les Etats-Unis, dans une interview publiée par plusieurs journaux iraniens. "Nous avons beaucoup de sujets (communs) avec les Américains à propos de l'Irak, de l'Afghanistan et du Proche Orient, en plus de cela nous devons discuter avec les Etats-Unis à propos du nucléaire", a déclaré l'ex-ambassadeur. "Je suis de ceux qui ont été favorables dès le début à des négociations avec les Etats-Unis et j'en ai payé le prix", a dit le diplomate, rappelé à Téhéran à l'automne après l'arrivée au pouvoir en août dernier du président Mahmoud Ahmadinejad. * Rapport défavorable Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a demandé à l'Iran de notamment suspendre d'ici au 28 avril son enrichissement d'uranium. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, doit remettre au Conseil et à l'exécutif de l'Agence un rapport indiquant si Téhéran s'est plié à cette demande. Selon des diplomates, ce rapport devrait conclure que Téhéran n'a pas obtempéré aux injonctions de l'Onu, qui reprenait les demandes de l'AIEA. "Il est difficile d'imaginer que le directeur général (de l'AIEA) puisse publier un rapport positif ", avait notamment estimé l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA, Gregory Schulte. Le vice-président iranien, Gholamreza Aghazadeh, qui est aussi le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a eu mercredi à Vienne des entretiens avec ElBaradei, ainsi qu'avec le directeur des accords de sauvegarde de l'Agence, le Finlandais Olli Heinonen. La demande du Conseil n'est pas assortie de menace de sanctions, mais les Etats-Unis ont indiqué qu'ils chercheraient à en obtenir, avec l'appui de la France et de la Grande-Bretagne, si l'Iran ne pliait pas. Les cinq Grands (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), avec l'Allemagne, ont prévu d'organiser le 2 mai à Paris une réunion sur la crise pour étudier les suites à donner à un éventuel refus de Téhéran de suivre la demande du Conseil. _________________________________ En recevant Merkel, Poutine réaffirme L'AIEA doit garder un rôle central dans le dossier iranien Le Quotidien-Agences Le président russe Vladimir Poutine a déclaré hier à Tomsk (Sibérie), que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devait garder "le rôle clé" dans le règlement du dossier nucléaire iranien et "ne pas s'en décharger sur le Conseil de sécurité" de l'Onu. "Nous sommes d'avis que c'est l'AIEA qui doit jouer un rôle clé et ne pas se décharger de ce poids sur le dos du Conseil de sécurité", a dit le président russe au cours d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous sommes contre la prolifération des armes de destruction massive, y compris par l'Iran, mais nous considérons que l'Iran doit avoir la possibilité de développer de nouvelles technologies et l'énergie nucléaire pacifique", a-t-il dit, sans préciser si l'enrichissement d'uranium pouvait faire partie de ces technologies. Tout comme la chancelière, le chef du Kremlin a estimé qu'il était encore trop tôt pour tirer des conclusions et qu'il fallait attendre le rapport de l'AIEA sur les activités nucléaires de l'Iran, qui a jusqu'au 28 avril pour suspendre ses activités d'enrichissement. "Nous verrons dans les faits après le rapport quelles mesures on peut prendre ensemble", a-t-il noté, en insistant, comme la chancelière, sur la nécessité d'une approche "coordonnée". La Russie reste opposée pour l'heure au principe de sanctions contre l'Iran, une solution que les Etats-Unis essaient d'imposer, avec l'appui de la France et de la Grande-Bretagne. "Il est trop tôt aujourd'hui pour dire à quelle solution commune nous pouvons arriver. Le plus important pour nous est que les décisions, quelles qu'elles soient, soient coordonnées" par la communauté internationales, a martelé Poutine. "La voie diplomatique pour le règlement de ce problème implique différentes options (...) Nous allons continuer à en parler avec nos partenaires, les Européens, les Etats-Unis, avec toute la communauté internationale", a-t-il ajouté. "Nous allons travailler de façon coopérative avec tous nos partenaires", a-t-il insisté. La chancelière a adopté un ton similaire, invitant la communauté internationale à "agir ensemble" par des "moyens diplomatiques". "Nous avons un grand intérêt à ce que la communauté internationale agisse ensemble et montre à l'Iran par des moyens diplomatiques qu'il doit s'en tenir aux accords internationaux" sur le nucléaire, a déclaré Merkel. "Il ne s'agit pas d'interdire à un pays l'utilisation du nucléaire civil, mais de faire respecter des accords". Elle a indiqué qu'après la réunion du 2 mai à Paris au niveau des directeurs politiques, il y aurait vraisemblablement à nouveau une réunion des "six" (Conseil de sécurité + l'Allemagne) au niveau des ministres des Affaires étrangères. Enfin, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, s'exprimant en marge du sommet, a souligné que la remise vendredi au Conseil de sécurité de l'Onu d'un rapport sur le nucléaire iranien n'était pas un "ultimatum" à l'égard de Téhéran, ont rapporté les agences russes. _________________________________ Selon l'armée israélienne L'Iran dispose de missiles d'une portée de 2.500 km Le Quotidien-Agences L'Iran dispose de missiles balistiques d'une portée de 2.500 km de fabrication nord coréenne, capables d'atteindre l'Europe, a affirmé hier le chef des Renseignements militaires israéliens, le général Amos Yadlin. Il s'agit de missiles BM-25 à carburant liquide de portée supérieure au Chahab-3 qui était déjà capable de frapper Israël, dont dispose déjà l'Iran, a précisé le général dont les propos lors d'une conférence ont été rapportés hier par le quotidien Haaretz. Le nouveau missile dont l'ogive a été améliorée est capable de transporter une charge supérieure au Chahab-3 et est plus précis que ce dernier, a ajouté le général Yadlin. Le missile Chahab-3, fondé sur une technologie nord-coréenne, a une portée d'au moins 2.000 kms, pouvant atteindre Israël, régulièrement présenté comme l'ennemi de la République islamique d'Iran.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com