Les Tunisiens amateurs d’oiseaux de chant adoptent les nouvelles technologies





Quand on a la passion, on ne fait pas de calcul. M. Mohamed Ali Youssef, ornithophile invétéré ne se prive pas pour s’adonner à sa passion première, celle d’élever uniquement pour le plaisir, des oiseaux de chant de toutes espèces. Tunis-Le Quotidien Tenant entre les mains un lecteur MP3 dernier modèle, faisant fonction entre autres d’enregistreur, d’une capacité de quelques heures d’enregistrement sans interruption, notre interlocuteur, le jeune Mohamed Ali Youssef, explique fièrement qu’il a acquis ce «merveilleux gadget» pour enregistrer les chants d’oiseaux. Ceux qui n’ont pas vu de près cet amateur d’oiseaux de chant, l’auraient pris pour un mauvais plaisantin. Depuis des années, Mohamed Ali s’adonne à une passion pas comme les autres pour laquelle il consacre de temps à autre un budget consistant: un ordinateur portable très puissant, un appareil photo numérique et aujourd’hui un lecteur MP3 sophistiqué. Dès son jeune âge il avait cédé à cette passion d’élever pour le plaisir les oiseaux de chant. Au fil des ans, il a acquis une impressionnante culture dans le domaine. Non seulement il distingue entre les différentes espèces d’oiseaux, mais il est en mesure de décortiquer leurs chants allant jusqu’à reconnaître une fausse note. Ce n’est en rien de l’exagération. «Comment vous expliquer cela», dit-il. «C’est comme un mauvais enregistrement de cassette audio», dit-il. Preuve à l’appui, il allume le PC et va directement dans un dossier où figurent toutes les espèces d’oiseaux avec leurs photos et des extraits de leurs morceaux de chant. «Ca c’est un chardonneret (connu populairement sous le non de Maknine), c’est un oiseau noble et élégant. On le reconnaît à son plumage coloré mais où domine le rouge», dit-il. Il nous explique que c’est un oiseau qu’il faut manier avec beaucoup de précaution et de délicatesse une fois capturé. En fait, il faut l’attraper uniquement durant une période donnée, autrement il est capable de se donner la mort. Le chardonneret, une fois élevé et apprivoisé peut voir son prix grimper d’une façon vertigineuse. «Les connaisseurs sont prêts parfois à payer un oiseau qui chante vrai très cher. Certains sont prêts à débourser la rondelette somme de deux à cinq mille dinars pour ce plaisir», dit-il. Pour notre interlocuteur, le Serin Cini (Samaris), le verdier (bardloun), le rougegorge, le pinson des arbres (zaneb), n’ont plus de secret. Il est en mesure de nous expliquer dans le détail comment évolue le bec d’un oiseau chanteur, quelles sont les étapes de l’évolution de sa coloration et comment on doit le raccourcir avec un instrument approprié. Décidément, la passion n’a pas de limites. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com