Invention et innovation : Le financement, maître des «maux»





Durant toutes ces dernières années, l’activité de l’invention en Tunisie a été marquée par une quasi-stagnation due essentiellement au manque de financement. Tunis — Le Quotidien Selon M. Salem Ben Salem, secrétaire général de l’Association Tunisienne des Inventeurs (ATI), la dernière décennie n’a pas connu de grands projets d’invention, exception faite de quelques uns qui tendent plutôt vers l’innovation du moins pour les adhérents de l’ATI. Notre interlocuteur précise que l’association essaie d’encadrer uniquement les inventeurs individuels dont les moyens financiers sont beaucoup moins intéressants que ceux des laboratoires de recherche. M. Ben Salem ajoute que l’apport des inventeurs individuels peut être bien plus important à condition de mettre à leur disposition les financements nécessaires. Ce problème constitue, en effet, un des plus importants dossiers sur lesquels travaille l’ATI qui tend à être un trait d’union entre les inventeurs et les structures financières pour faciliter le financement de leurs projets. M. Salem Ben Salem explique, également, que les inventeurs tunisiens souffrent d’un énorme problème de suivi, puisque leurs projets restent, dans la plupart des cas, classés auprès des services publics, et ne sont pas adoptés par les industriels qui peuvent en tirer profit. S’agissant de notre question concernant les efforts déployés par l’ATI pour rapprocher les inventeurs et les industriels, notre interlocuteur souligne que l’Association essaie d’orienter les inventeurs individuels vers les secteurs prometteurs, et vers les projets qui répondent à des besoins chez les industriels. Le secrétaire Général de l’ATI affirme, par ailleurs, que l’invention est, le plus souvent, un résultat d’un besoin vécu. «C’est pour cette raison d’ailleurs, qu’on assiste, aujourd’hui, à une concentration des inventeurs sur les secteurs importants de l’économie nationale, tel que l’énergie...», mentionne-t-il. Dans ce même contexte, M. Ben Salem précise que l’Association encourage de plus en plus les recherches dans le domaine de l’énergie, pur aider l’économie tunisienne à surmonter le problème de la flambée des prix du pétrole. M. Salem Ben Salem valorise, sur un autre plan les efforts des femmes innovatrices dont le nombre ne dépasse pas une quinzaine mais leur apport pour l’activité d’invention en Tunisie est remarquable. Et de noter que les projets réalisés par des femmes innovatrices ne répondent pas uniquement à des besoins féminins, mais touchent aussi à des problèmes économiques. Il y a lieu de souligner que le nombre des inventeurs individuels tunisiens ne dépasse pas, en tout, une centaine de personnes. Au sujet de l’attraction des jeunes inventeurs à l’ATI, M. Ben Salem indique que l’Association cherche actuellement à faire participer les ministères de l’Enseignement supérieur, de l’Education et du Sport et de la Jeunesse, ainsi que des institutions de recherche, dans l’organisation de son concours annuel «BSB» pour l’innovation, afin de s’assurer de la participation d’un plus grand nombre de jeunes. M. Ben Salem nous confie que l’Association étudie la possibilité de créer un autre concours réservé uniquement aux jeunes inventeurs tunisiens. Mohamed ZGHAL


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com