Villepin dansla tourmente de l’affaire Clearstream : «Watergate» à la française





Les pressions de l'opposition s'accentuent sur le Premier ministre français Dominique de Villepin, empêtré dans "l'affaire Clearstream", et son propre camp s'inquiète de ses répercussions pour l'élection présidentielle de 2007. Le Quotidien-Agences La menace d'une audition par des juges plane sur le Premier ministre, dont le nom apparaît dans une affaire de dénonciation calomnieuse de personnalités françaises, et sa démission a été réclamée dans l'opposition de gauche. Parmi les personnalités faussement accusées d'avoir eu des comptes occultes via Clearstream, une société basée au Luxembourg, figure le ministre de l'Intérieur et numéro deux du gouvernement, Nicolas Sarkozy. L'enquête, sur fond de longue rivalité entre Villepin et Sarkozy, fait apparaître des relations entre certains acteurs de l'affaire et, notamment, les services du Premier ministre, avec une implication des services secrets. Un climat de "Watergate", ont commenté certains journaux et hommes politiques, français et étrangers, comme le quotidien espagnol El Pais ou l'ancien ministre français des Finances, le socialiste Dominique Strauss-Kahn, lui aussi calomnié par le mystérieux corbeau. Des ténors socialistes, arguant d'un spectacle de "déliquescence" donné à la France et à l'étranger, ont appelé le président Jacques Chirac à "agir vite" en démettant Dominique de Villepin, déjà très affaibli par la récente crise déclenchée par le contrat-jeunes. * Appels à la démission Des voix ont même envisagé aux partis socialiste (PS) et centriste (UDF) et à l'extrême droite des élections anticipées. "En démocratie en général, la seule manière de s'en sortir (dans de tels cas), c'est de donner la parole au peuple", selon le porte-parole du PS, Julien Dray. Le Premier ministre est soupçonné depuis un article du Monde paru jeudi et citant une ancienne figure du renseignement, d'avoir demandé "sur instructions" du président Chirac une enquête sur leur ennemi commun, Nicolas Sarkozy. Ce que Villepin et Chirac démentent formellement. Le Premier ministre doit être auditionné "le plus rapidement possible" par la justice, a lancé le chef des socialistes, François Hollande. Qu'elle soit de gauche ou centriste, l'opposition multiplie les propos sur le thème de "l'agonie" du pouvoir en place sous la houlette du président Chirac, du "discrédit" et du "dégoût national". Favorite des sondages à gauche pour la présidentielle, la socialiste Ségolène Royal a dénoncé "la fin d'un règne sans éthique". Il y a "des hommes qui sont devenus dangereux à la tête de l'Etat", a renchéri la chef des communistes, Marie-George Buffet. * Inquiétude Dans le camp majoritaire, l'inquiétude règne face une affaire qui salit la droite et "horrifie" son électorat, alors qu'approchent les échéances présidentielle et législatives. Des députés UMP ont appelé Jacques Chirac à reprendre en mains la situation. Il doit "remettre vite de l'ordre dans son gouvernement" pour éviter un "suicide collectif", a jugé Nicolas Dupont-Aignan, "écœuré par les règlements de compte au sommet de l'Etat". Sous couvert de l'anonymat, beaucoup d'élus UMP jugent que le Premier ministre a, avec l'affaire Clearstream, "perdu ce qui lui restait de crédibilité". Nombreux seraient ceux qui souhaitent son départ. Dominique de Villepin devait être interrogé aujourd’hui lors d'une interview radio, avant de passer sur le grill des députés à l'Assemblée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com