«La Edad de Oro» de Galvan : Olé… Olé !





A travers les châteaux d’Espagne mais aussi l’histoire, la balade avec Israel Galvan, Fernando Terremoto et Alfredo Lagos étaient proprement impressionnants. «La Edad de Oro» est une chorégraphie passionnante de bout en bout. Une fenêtre haute en couleur sur la création flamenco contemporaine. Retour aux sources. Le Sévillan Israel Galvan a su porter le public du 4ème art sous les jolis cieux espagnols, dans l’histoire de cette danse qui est devenue l’emblème de l’Espagne. Devant un public venu en masse, le trio a pris sa place sur la scène du 4ème art... L’allocution de Syhem Belkhodja et la chorégraphe espagnole Blanca-Li n’ont fait qu’attiser la curiosité et exciter les sens et l’imagination du public. Avec le claquement strident, Israel Galvan a annoncé les couleurs de cette chorégraphie intitulée «La Edad de Oro». Dès les première minutes, l’enfant de Seville a captivé l’attention et a bouleversé les esprits et les cœurs... Déjà, dans le bain ! Ces dernières années, Israel Galvan a fait couler beaucoup d’encre et a mérité des colonnes et des colonnes consacrées à ses prestations dans les journaux de l’Espagne et d’ailleurs. A l’ouverture des 5èmes Rencontres chorégraphiques de Carthage, Israel Galvan a prouvé qu’il avait de l’étoffe d’un grand artiste. Il y a de quoi ! Israel Galvan a tété l’amour du flamenco dans le lait maternel. Le père José Galvan et la mère Eugenia de Los Reyes sont deux danseurs de flamenco à succès... Le flamenco est donc une affaire de famille chez les Galvan. Pour les passionnés du flamenco traditionnel, Israel Galvan a été un vrai perturbateur, un agitateur. L’enfant de Séville a brisé le regard classique et les standards de l’interprétation masculine du flamenco. La tradition a voulu qu’un danseur du flamenco ne doit pas faire bouger son buste. Pour Galvan, héritier de cette tradition mais aussi l’enfant d’aujourd’hui a choisi de s’inspirer des palos classiques du flamenco pour présenter sa propre lecture. Le jeune Sévillan n’est pas un modèle fixe qui reproduit la tradition mais plutôt un innovateur qui, tout en restant fidèle aux normes et aux règles du flamenco, a choisi de libérer son corps. L’oreille attentive, le cœur ouvert aux paroles de Fernando Terremoto et aux «soupirs» de la guitare de Alfredo Lagos, le corps souple, Israel Galvan a impressionné l’assistance par ces touches sensuelles qui ponctuent cette chorégraphie inspirée de l’âge d’or du flamenco. Avec des pieds très compliqués, des épaules très souples, des doigts très fins, un buste fort et flexible, Israel Galvan a communiqué au public sa passion fougueuse pour le flamenco. Mais si Galvan est, aujourd’hui, une star internationale et une tête d’affiche des grands festivals internationaux, c’est parce qu’il est bien entouré. Dans son spectacle tunisien, ce Sévillan n’était pas seul et la présence de Fernando Terremoto, chanteur et d’Alfredo Lagos, guitariste, n’était pas formelle. Sans ce duo, «La Edad de Oro» aurait pu être une leçon de danse du flamenco. Caressant avec un grand amour sa guitare, Alfredo Lagos a bouleversé le public... Un vrai coup de foudre ! Les jeunes guitaristes, les passionnés du flamenco ne peuvent que rêver d’une carrière et d’une doigté comme celle de ce grand Lagos. Soixante-quinze minutes ont suffi pour nous mener à travers les arcanes des châteaux espagnols grâce à un trio libéré de tous les clichés mais très attaché à la tradition, aux histoires d’antan. Un tonnerre d’applaudissement, un bouquet de fleurs et des regards éblouis ont couronné la remarquable prestation de ce trio magique qui a su enchanter et convaincre. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com