Défiant les Grands réunis à Paris : Téhéran annonce des progrès dans son programme d’enrichissement





L’Iran a enfoncé encore le clou en annonçant avoir enrichi de l’uranium à 4,8% montrant ainsi son inflexibilité au moment où les cinq Grands du Conseil de Sécurité et l’Allemagne discutaient hier à Paris des moyens de le faire plier. Le Quotidien-Agences Fidèle à sa politique du fait accompli, l’Iran a annoncé hier avoir enrichi de l’uranium à 4,8%, un niveau supérieur à celui annoncé début avril. "Le dernier niveau d'enrichissement atteint en Iran a été de 4,8%", a déclaré Gholam Reza Aghazadeh, selon l'agence. "Un niveau d'enrichissement supérieur à 5% n'est pas à l'ordre du jour en Iran et ce niveau suffit pour produire du combustible nucléaire", a-t-il dit. Le 11 avril, l'Iran avait affirmé avoir enrichi de l'uranium à un niveau de 3,6%. "Nous ne reviendrons pas à la suspension", a répété le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, dans une interview au quotidien conservateur Kayhan, publiée hier. Lundi, le secrétaire du Conseil suprême iranien de la sécurité nationale Ali Larijani a affirmé sur la chaîne de télévision américaine CBS que "le jeu était devenu totalement différent et qu'il fallait une nouvelle solution". "Nous ne pouvons pas maintenir les solutions du passé", a-t-il ajouté. * Division A Paris, les directeurs politiques de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne doivent s'entretenir des moyens de faire plier l'Iran. Washington, Paris et Londres sont d'accord sur un recours au chapitre VII de la charte de l'Onu, invoqué en cas de menaces à la paix, qui peut ouvrir la porte à des sanctions, voire, en dernier ressort, à une action militaire. En revanche, Pékin et Moscou s'ont opposés à une telle issue, qui risque selon eux de pousser Téhéran à rompre ses relations avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et à mener le cas échéant un programme nucléaire en secret. Mottaki a fait directement référence à cette division au sein du Conseil, dans son interview à Kayhan. "Ces deux pays (Chine et Russie) ont déclaré officiellement et nous ont dit dans des discussions diplomatiques qu'ils sont contre les sanctions et les attaques militaires", a dit le ministre. "Il est complètement erroné de penser que l'Occident peut faire ce qui lui passe par la tête en utilisant l'instrument du Conseil de sécurité", a-t-il ajouté. Dans ce contexte, le président américain George W. Bush a appelé lundi son homologue russe Vladimir Poutine, et les deux dirigeants ont "souligné l'importance d'empêcher l'Iran d'obtenir des armes nucléaires, en particulier au Conseil de sécurité", selon le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan. Le numéro trois du Département d’Etat américain, Nicholas Burns a indiqué hier à Paris que la Communauté internationale doit «être unie et adresser un message très ferme» à l’Iran. «Nous n’avons pas abandonné l’option diplomatique», a ajouté Burns tout en précisant que «le Conseil de Sécurité n’a plus d’autre choix que de s’engager sur la voie du chapitre VII». Allant dans le même sens, le ministre français des Affaires étrangères a indiqué les Européens vont proposer lors de la réunion de Paris de rendre contraignantes les demandes de l’AIEA à travers une résolution du Conseil de Sécurité. Les Occidentaux comptent présenter dès la semaine prochaine au Conseil de sécurité une résolution contraignant légalement Téhéran à se plier à ses obligations. Le chapitre VII "n'implique pas nécessairement une action militaire" et aucune sanction n'est envisagée dans l'immédiat, insiste-t-on à Paris, alors que les Etats-Unis n'excluent pas la force. ____________________________ Arme nucléaire iranienne : «Une menace existentielle» pour Israël Le Quotidien-Agences Le chef d'état-major israélien Dan Haloutz a estimé hier qu'une éventuelle détention de l'arme nucléaire par l'Iran menacerait l'existence même de l'Etat d'Israël. "Si l'Iran parvient à disposer de l'arme atomique, avec son régime actuel, cela constituera une menace existentielle pour Israël. Le régime de Téhéran tire sur la corde, et j'espère qu'il ne prendra pas le risque de la rompre", a déclaré le général Haloutz à la radio publique. Il a toutefois relativisé la "menace" iranienne, affirmant au Haaretz qu'il y avait "un délai d'un an environ entre le moment où les Iraniens ont déclaré avoir réussi à enrichir de l'uranium et le cap technologique leur permettant théoriquement de produire une bombe nucléaire. Ensuite, il leur faudra plusieurs autres années pour passer à la production effective". Interrogé par le Maariv comment il perçoit Ahmadinejad, le général Haloutz a répondu: "J'ai rencontré un Iranien qui le connaît bien, et il m'a dit que c'est un homme intelligent. C'est d'autant plus inquiétant, car cet homme dit ce qu'il pense. Sa popularité en Iran n'a pas baissé, mais augmenté". "Les propos de Ahmadinejad ne sont pas des lapsus, car on ne répète pas un lapsus une dizaine de fois, et il faut les prendre au sérieux (...)", a-t-il encore dit. Interrogé sur les chances de succès d'une éventuelle intervention militaire de la communauté internationale contre les installations nucléaires de l'Iran, il a répondu: "A la question de savoir si le monde est capable de réussir, ma réponse est oui". Dans une interview au Jerusalem Post, le président israélien Moshé Katzav a de son côté appelé l'Iran à consacrer ses revenus pétroliers "au développement économique plutôt qu'à un programme nucléaire". "Je suis né en Iran et j'admire sa culture, son histoire, sa musique, sans parler de sa gastronomie (...). Mais le régime à Téhéran est un danger pour la paix et la sécurité du monde", a encore dit Katzav.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com