Marché des roses à l’Ariana Couleurs, senteurs et ambiance bon enfant





Le marché des roses à Bir Belhassen à l’Ariana draine chaque année des fidèles de la plante. Tantôt les affaires marchent bien. Tantôt, elles ne bougent pas assez. Mais la fête continue dans la ville des roses. Tunis - Le Quotidien Une banderole à l’entrée du parc Bir Belhassen à l’Ariana annonce le déroulement du marché des roses qui se tient du 28 avril au 07 mai en marge du festival des roses, devenu une tradition dans cette ville du Grand Tunis. Cette manifestation draine plusieurs badauds et surtout des amis de la rose et des plantes. Ils sont là aujourd’hui, malgré la chaleur, à prouver leur passion pour la verdure. Un peu de musique, entre les fameux titres de la Hadhra et les tubes de la chanson orientale, anime le lieu. Des gens entrent. Et d’autres sortent. Tantôt, ils se font aider par les exposants pour porter leurs plantes. Tantôt, ils n’achètent rien:«à la maison, j’ai du lys magnifique. J’aime bien voir ses fleurs blanches. Si tu veux, tu peux venir voir mon jardin» propose un client à un propriétaire d’une pépinière qu’il semble connaître: «Je te donnerai du fell turc. Son parfum est exceptionnel» lui répond alors le pépiniériste. Entre-temps, un autre exposant au marché des roses évite de s’arrêter parce qu’il porte un seau rempli d’eau. Quant à Hichem Belhi, arboriculteur à Tabarka, il remet un deuxième sachet de sable à son client: «Je travaille avec mon père. Nous possédons une pépinière. Mais je n’ai pas pu apporter beaucoup de plantes à cause du transport», avoue Hichem, la vingtaine. Comme les autres exposants, il paie cent dinars pour avoir cette place: «Je ne sais pas encore si je pourrai couvrir mes charges. Jusqu’à maintenant, j’ai dépensé cinq cent soixante dix dinars y compris les frais de participation. Mais, pour le moment, les affaires ne marchent pas très bien. En tout cas, ce n’est pas comme l’année dernière», se plaint-il. «Beaucoup de Tunisiens n’entendent pas parler de ce marché. Il faut le médiatiser pour drainer les clients», renchérit un autre pépiniériste. «Hargouss» et «Halfa» Ali Ben Amor Ezzariî vient de Sbiba à Kasserine. Son produit est original. Il n’est pas arboriculteur mais maçon. Il participe au marché des roses avec une tente traditionnelle qui date de soixante ans. Durant toutes ces années, elle a servi au traitement de la «halfa»: «Je participerai à toutes les foires avec cette tente», affirme Ali d’un air fatigué malgré le sourire. Le sexagénaire propose également du «Hargouss» et du pain «Mlawi» sous sa tente. A l’extérieur, il vend aussi divers objets de décoration ainsi que des jarres à plantes : «Ce sont mes enfants qui préparent ces articles que je commande aussi chez des artisans à Sbiba. Je suis à ma première participation au marché des roses. Je ne cherche pas en ce moment à gagner de l’argent. Tout ce qui m’importe c’est de vulgariser mon produit et que tous ces employés puissent avoir de quoi dîner», confie Ali. Fleurs d’orangers Au marché des roses, il n’y a pas que les plantes. De ce côté du parc, on vend de l’eau de fleurs d’oranger et de rose. Les prix sont fixés respectivement à dix et quinze dinars. Chez Imen Mathlouthi, les prix sont légèrement plus chers: «Je privilégie la qualité. D’ailleurs, depuis dix ans j’ai réussi à fidéliser ma clientèle», explique Imen. La jeune femme propose une large gamme d’huiles naturelles à l’ail, aux œufs, aux oignons, au jasmin, etc... Elles sont toutes importées d’Arabie Saoudite. Leurs prix varient entre un dinar et dix dinars. «Est-ce que vous pouvez me remplir cette bouteille avec de l’eau de fleurs d’orangers?», demande une cliente au marchand: «Pour 25 cl, vous en aurez pour un dinar seulement» lui répond-il. A la sortie de Bir Belhassen, des camions déchargent des plantes. Des employés transportent les achats des clients. La musique continue. Le marché aussi jusqu’à dimanche prochain. M.KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com