Une université japonaise en Tunisie : Un tremplin vers le monde arabe





Tunis le Quotidien L’université japonaise Tsukuba vient d’ouvrir une antenne en Tunisie. Il s’agit du «Centre de l’Afrique du nord et de la Méditerranée pour la Recherche et l’Education». Une technopole qui devra coordonner les travaux des chercheurs tunisiens avec leurs homologue japonais. Créé le 1er avril 2006 suite a un accord cadre entre l’Université japonaise Tsukuba et l’Université 7 Novembre de Carthage, le Centre de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée pour la Recherche et l’Education a été inauguré officiellement avant-hier lors d’une cérémonie officielle en présence du vice-président de l’Université Tsukuba, M. Hiromichi Yoshitake et M. Jmaïl Ben Brahim, Président de L’Université 7 Novembre de Carthage ainsi que M. Ono, ambassadeur du Japon en Tunisie. «Le centre a été créé dans le but de promouvoir les activités de l’enseignement et de la recherche en Afrique du nord et ce, en combinant organiquement les technologies du Japon et les potentialités de cette région», a affirmé M.Yoshitake, pour qui ce «métissage» est devenu impératif en ce début du 21ème siècle où «la globalisation de l’économie et de la politique avance à grande vitesse». «Ce centre vise la transformation du paradigme de la science et de la recherche axé sur l’Occident et le rendre plus global où les civilisations peuvent cohabiter», ajoute-t-il. La même idée a été développée par M. Jmaïl pour qui ce centre est «pour les universitaires tunisiens, une fenêtre qui s’ouvre vers le Japon». Ceci, comme il l’explique, dans le sens où le centre permettra aux chercheurs des deux pays de se rassembler dans un même organisme, ce qui permettra «d’identifier les sujets d’intérêt commun et sur lesquelles ils peuvent travailler conjointement en apportant chacun sa spécificité». Une coopération impérative, ajoute ce dernier, «pour faire face à la grande concurrence mondiale du savoir». Ceci étant, et comme le fait savoir M.Yukuo Abe, directeur du centre, la recherche commune entre la Tunisie et le Japon ne date pas d’hier. «Nous avons dans le passé réalisé des recherches, notamment dans le domaine de la biotechnologie, mais c’étaient des recherches individuelles qui sont rarement structurées», indique ce dernier ajoutant qu’il fallait dans ce cadre créer un organisme qui puisse structurer ces recherches et de ce fait les rendre plus utiles. * Un terrain commun Plus concrètement ce centre devra porter ses recherches sur le domaine de la biotechnologie et la bioprospection. «La Tunisie est un pays qui se trouve dans une zone aride, mais des recherches au Japon ont montré qu’on pouvait exploiter ces zones pour planter certain végétaux qui s’acclimatent facilement dans ces zones et qui s'avèrent être très utiles notamment dans les domaines des médicaments», affirme M. Abe. Ce dernier reprend les propos tenus par M. Abdelaziz Mougou Directeur de l’Institut de recherche agricole pour qui ce centre, qui a élu précisément domicile à l’INSAT, devra permettre de développer les recherches agricoles en Tunisie et en particulier la rationalisation de l’utilisation de l’eau dans l’irrigation. A ce propos, note ce dernier, un accord cadre a été signé entre l’Université Tsukuba et le ministère de l’Agriculture pour mener des recherche aussi bien avec l’INSAT, le centre technologique de Borj Cedria et celui de Sfax dans le domaine de l’environnement, la lutte contre le désertification et le réchauffement. Ceci étant et outre l’aspect purement technologique, le centre veut se donner un aspect plus civilisationnel en intégrant une variante linguistique et culturelle dans ses centres d’intérêts. «En effet, explique M. Abe, nous voulons à travers ce centre rapprocher nos deux civilisations qui paraissent à première vue assez loin l’une de l’autre, mais qui ont pourtant des points de similitude. Nous sommes tous les deux, comme on le sait, deux petits pays qui n’ont pas de ressources matérielles et qui dépendent entièrement de leurs ressources humaines». * Un tremplin Mais est-ce seulement pour ces similitudes que les Japonais ont décidé de créer ce centre en Tunisie? «La Tunisie a, comme arrière-plan, une longue histoire qui tire son origine de la fondation de Carthage et possède trois visages: l’Afrique, le bassin méditerranéen et le monde arabo-musulman. Au niveau de l’environnement naturel elle a une flore unique spécifique aux région du monde arabe et africain avec qui nous voulons développer notre coopération. Sur le plan économique et politique, elle joue, par ailleurs, un rôle de pont entre l’Europe et l’Afrique. La Tunisie a donc une caractéristique régionale riche en diversité avec laquelle une approche interdisciplinaire peut procurer plus d’efficacité», répond M.Yoshitake, vice-président de l’Université Tsukuba. «La Tunisie réunit toutes les conditions pour que les universitaires japonais puissent contribuer au développement du savoir, aussi bien dans ce pays que dans toute la région», ajoute M. Abe. Mohamed Ali Ben Rejeb


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com