Mouvement national : Un pan de notre histoire revisité





Tunis - Le Quotidien Depuis hier, Tunis accueille une pléiade de chercheurs et d’universitaires pour débattre d’une thématique historique importante à savoir: «L’indépendance de la Tunisie et les processus de libération dans le monde colonial». Une trentaine de chercheurs de pays maghrébins et occidentaux originaires notamment d'Italie, de France, de l’Université de Floride aux Etats-Unis présenteront des communications se rapportant aux axes de cette rencontre, au nombre de 7: «L’indépendance: concept et questionnement», «Archives privées et histoire contemporaine», «Les conventions de l’indépendance: les attendus et les désaccords», «l’indépendance tunisienne vue de l’extérieur», «L’armée tunisienne et la souveraineté territoriale» «L’édification de l’Etat d’indépendance» et les «mutations culturelles et sociales». On note parmi les participants, les professeurs Rainero Romain d’Université Deglistudi de Milan, Lianzu Claude de l’Université de Paris 7 (France), Chanson Jabeur Chantal de la même université, Bodin Michel de la faculté des lettres et des sciences humaines de Paris, Abdelwaheb Hachiche de l’université of South Florida des Etats-Unis, Boussaïri Ali du Centre du Jihed des Libyens pour les études historiques, Bouallem Belgacem et Jamel Yahiaoui, du Centre national algérien d’études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er novembre 1954, et Malki M’hamed de la faculté de Droit du Maroc. L’intervention de M. Mohamed Lotfi Chaïbi, directeur de l’Institut supérieur de l’histoire du mouvement national a permis de définir la ligne directrice de cette rencontre universitaire. «Le but de ce colloque international est de donner un éclairage sur une période décisive de notre histoire. L’Institut collecte et sauvegarde de l’oubli notre patrimoine. Cette démarche doit être vulgarisée pour permettre à un grand nombre de gens de connaître et redécouvrir des périodes intéressantes de notre histoire» dit-il. Dans son intervention M. Chaïbi a parlé des liens organiques entre les mouvements de réforme et le mouvement national ainsi que de l’interaction du mouvement national avec le développement de la société tunisienne. L’étude des archives nationales a permis parfois de dégager des contrastes frappants entre des pans de notre histoire et aussi des positions de certains intervenants dans l’histoire du mouvement national. Le Néo-Destour a évité au début d’utiliser le mot indépendance pour ne pas brusquer les autorités coloniales. Il a préféré utiliser le mot émancipation et adopter ainsi une attitude pragmatique. Ce n’est qu’en 1946 que le Néo-Destour a utilisé pour la première fois le vocable indépendance. Ce changement est justifié par les évolutions des mouvements de libération dans le monde, par la naissance de la Ligue arabe et l’adoption de la Charte de l’Atlantique appelant le droit des peuples à l’autodétermination. M. Chaïbi a également analysé brièvement l’évolution de la position de Salah Ben Youssef durant le mouvement d’indépendance. Il a affirmé que ses positions durant l’année 1946 sont souvent occultées. M. Salah Ben Youssef avait affirmé entre autres lors d’une conférence de presse le 21 août 1946 que «le fait de parler de l’indépendance ne veut pas forcément dire que la colonisation va disparaître du jour au lendemain. Nous pouvons arriver à l’indépendance avec l’accord de la République française». Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com