Affaire Clearstream : Villepin se bat dos au mur pour rester à son poste





Le Premier ministre français Dominique de Villepin a écarté hier l'idée d'une démission et s'est vigoureusement défendu dans l'affaire Clearstream, malgré de nouvelles révélations qui rendent sa position difficilement tenable aux yeux de la presse et de l'opposition. Le Quotidien-Agences Longuement interrogé lors de sa conférence de presse mensuelle sur cette affaire qui ébranle le sommet de l'Etat, de Villepin est resté fidèle à sa ligne de défense en se posant en victime d'une campagne de "calomnie" et de "mensonges". Alors qu'il est désormais accusé par l'opposition socialiste et la presse d'avoir "menti" dans ses explications, le Premier ministre a réaffirmé ne pas être à l'origine d'une manipulation pour compromettre son rival Nicolas Sarkozy, faussement accusé par un "corbeau" de détenir des comptes occultes à l'étranger. A un journaliste qui lui demandait s'il n'était pas temps pour lui de "s'effacer", de Villepin a répondu: "Il est normal dans une démocratie d'avoir à rendre des comptes (...) mais croyez bien que cela ne me détourne à aucun moment de la mission qui est la mienne". Il a été contraint d'affirmer haut et fort que le président Jacques Chirac ne lui avait jamais donné d'"instructions" dans ce dossier, au lendemain de la publication par le journal Le Monde de documents potentiellement dévastateurs. Il a ainsi contredit la version du général Philippe Rondot, un spécialiste du renseignement désormais au cœur de l'affaire. Celui-ci a au contraire assuré que de Villepin s'était prévalu en 2004 d'instructions de Chirac pour demander une enquête, d'après des notes personnelles et des procès verbaux de son audition par les juges chargés de démasquer le corbeau, publiés dans Le Monde. * Contre-vérité Ces documents ont aussi obligé le Premier ministre à modifier certaines de ses déclarations initiales sur une réunion cruciale de janvier 2004 en présence du général Rondot. Il a affirmé hier que le nom de Nicolas Sarkozy n'avait "pas été évoqué en liaison avec de quelconques affaires" durant cette rencontre, mais a reconnu qu'il avait alors été "évoqué comme ministre de l'Intérieur". La semaine dernière, de Villepin avait déclaré que le nom de Sarkozy n'avait été cité "à aucun moment" durant cette réunion. Le Premier ministre, qui s'est efforcé hier d'apparaître souriant et serein dans la tempête, s'en est toutefois pris aux journalistes, en leur demandant de respecter la "déontologie" et d'avoir des "scrupules". L'ensemble de la presse française décrit un Premier ministre dans une "situation critique", moins d'un an après sa nomination dans la foulée de la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. Même les journaux conservateurs le prennent pour cible. L'hebdomadaire Le Point parle du "spectre du Watergate". Le quotidien Le Figaro se demande pourquoi de Villepin "a plusieurs fois -osons le mot- menti sur l'évocation du nom de son adversaire" Nicolas Sarkozy et évoque son départ de Matignon. Mais l'opinion est partagée: selon un sondage publié hier, 46% des Français souhaitent que de Villepin reste à son poste, contre 33% favorables à son départ et 21% d'indécis.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com