Les jeunes et la popularité : Derrière la médaille, des revers…





Au sein d’un groupe, ils brillent comme les stars. Ils influent sur leur entourage et jouissent d’une grande popularité. Au sein des établissements scolaires et universitaires, ils ont la cote et tout le monde aime leur compagnie. La popularité, est-ce un rêve pour les jeunes? Pourquoi? Les jeunes s’expriment. Tunis-Le Quotidien Un jeune est a priori de nature rebelle et désobéissante. C’est quelque part vrai quant à son attitude vis-à-vis de l’autorité qui lui est imposée, surtout quand elle émane de personnes devant lesquelles il refuse de s’incliner. Toutefois, en réalité, un jeune peut se montrer très obéissant et très soumis, mais seulement s’il s’agit d’un jeune de son âge perçu comme le chef et le leader. L’attachement à ce chef se transforme en une sorte de culte du héros. Tous se plient aux ordres de ce personnage populaire qui sait briller au sein du groupe et tout le monde adopte ses caractéristiques, ses vertus, ses manies et même ses vices. Les amis se rangent intuitivement derrière lui et lui font une confiance aveugle. Comment est-ce qu’il en est arrivé là? Comment est-ce qu’un jeune réussit à avoir la cote? A priori, un chef est un jeune populaire qui réussit à avoir l’admiration des autres, à briller et à se faire remarquer. Nombre de jeunes pensent que la modestie ne paye plus. Ils ne veulent pas passer inaperçus. La popularité est un rêve pour eux. Sabri, 18 ans, veut être populaire. Le jeune homme pense que la popularité lui permettra d’avoir un certain pouvoir. «Je pense que tous les jeunes aimeraient être populaires. D’abord, cela permet d’avoir la cote auprès des filles et d’avoir aussi une bonne relation avec les garçons. Comment? Avec l'humour! Cela marcha à tous les coups. Plus j’ai le sens de l’humour, plus ma popularité grandit. Un autre moyen, celui de se montrer quelque part paternaliste. Lorsque je joue aux protecteurs courageux, tout le monde me fait confiance et se range volontairement derrière moi. Il faut dire que j’ai une popularité auprès de mes collègues. La majorité de mes amis, filles et garçons, aiment ma compagnie et cela me donne une sensation de satisfaction», dit-il. Tarak, 18 ans aimerait aussi appartenir au rang des personnes populaires. Cela dit, Tarak n’aime pas pour autant être perçu comme un leader. «L’on dit que «la connaissance des hommes est un trésor» (sic). J’aime avoir de bonnes relations avec tous mes collègues, cela peut servir et faciliter les choses dans la mesure où dès que j’aurais besoin d’une aide de quelque genre que ce soit, je sais que je pourrais compter sur les autres. Toutefois, je ne rêve pas d’avoir le statut d’un leader. Pour ce faire, il faut savoir guider. Or, je ne veux pas jouer aux guides, je veux juste me montrer sociable, gentil et sympathique. Cela me permettra d’élargir le cercle de mes connaissances et me permettra aussi de me sentir bien dans ma peau», dit-il. Sami, 17 ans, pense que tout jeune ne peut pas espérer mieux que le fait de jouir d’une popularité auprès des amis et des camarades. «Etre populaire au sein de l’établissement scolaire est une réelle chance. D’abord, tout garçon populaire suscite l’intérêt des filles. Si mon cœur flanche donc pour l’une d’entre-elles, j’ai de grandes chances d’être «admis». En outre, la popularité me permettra d’élargir le cercle des amis. Un sens de l’humour, un tempérament courageux et un dévouement pour les autres, me garantiront la popularité et du coup je vais pouvoir m’entendre avec tout le monde. Toutefois, je pense qu’il y a un revers de la médaille. Tous ceux qui brillent doivent quelque part en payer le prix. Si l’on est populaire, l’on va être sujet à l’envie. Ceux qui pensent mériter à leur tour la popularité vont être jaloux. Du coup, la popularité des uns engendrera l’animosité des autres. Il se peut même que ces derniers feront tout pour dégrader l’image de marque de celui qui a le plus de cote», dit-il. Skander, 17 ans est un jeune homme discret. Il ne veut pas être populaire. Selon Skander tous ceux qui ont les regards braqués sur eux doivent souffrir. «plus nous vivons en cachette et plus nous sommes tranquilles et à l’abri. Je ne suis pas sociable pour autant et je ne vis pas en marge de la société. Mais, je tiens à avoir mon petit jardin secret et à vivre ma vie dans la discrétion la plus totale. Et comme dit l’adage «Pour vivre heureux, vivons cachés». Certes, je tiens à avoir des amis et à être ami avec tout le monde. Cela n’impose pas que je sois populaire. Parce que la popularité a un prix à payer. Elle rend la personne fragilisée dans la mesure où elle vole la vedette et tout ce qu’il fait ou dit sera passé au peigne fin. C’est en quelque sorte comme la vie des stars, je suppose qui ne mènent pas du tout une vie paisible. Ils ne peuvent pas circuler normalement sans attirer les regards des curieux», dit-il. Abir CHEMLI-OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com