Un ancien de la CIA : La décision d’envahir l’Irak avait été arrêtée «début 2002» pour «d’autres raisons» que les ADM





Paul Pillar, ancien responsable de la CIA pour le Proche-Orient, a dénoncé une « campagne organisée de manipulation » du gouvernement Bush pour justifier la guerre en Irak, dans un entretien au quotidien espagnol El Pais. Le Quotidien-Agences «Il y a eu une campagne organisée de manipulation. C’est la définition correcte», déclare Pillar, principal analyste de la CIA pour la lutte antiterroriste au Proche-Orient et en Asie du Sud-Est entre 2000 et 2005, selon le journal. La décision d’envahir l’Irak avait été arrêtée «début 2002», un an avant le déclenchement de la guerre, pour «d’autres raisons», et «ne dépendait pas des armes de destruction massives ou des résultats des inspections de l'ONU» en Irak. L’ex-agent épargne relativement l’administration Bush au sujet du supposé arsenal d’armes de destruction massive de l’Irak, mais l’accable sur sa volonté de prouver à tout prix un lien entre le régime de Saddam Husseïn et Al-Qaïda. «En ce qui concerne les armes de destruction massive, il existait une perception erronée généralisée au sein des services de renseignement américains, britanniques et d’autres pays selon laquelle l’Irak en possédait certaines. Nous étions dans l’erreur», reconnaît Paul Pillar. «Le problème, c’est le message plus large, la tentative de transmettre l’impression qu’il y avait une alliance terroriste entre l’Irak et Al-Qaïda». «Parce que ce n’était pas le cas (...). Je suppose que selon certaines définitions, on peut appeler cela un mensonge», ajoute-t-il. Cette théorie «intéressait l’administration parce que c’était celle qui affectait le plus l’opinion des Etats-Unis et qui raviverait les images du 11 septembre 2001. Croyez bien que l’appétit vorace de l’Administration pour obtenir du matériel sur cette alliance inexistante a coûté beaucoup de temps et de travail aux hauts responsables du renseignement et aux analystes les plus expérimentés de la CIA», ajoute-t-il. * Accusation Par ailleurs, l'ancien analyste de la CIA Ray McGovern a publiquement accusé le chef du Pentagone Donald Rumsfeld d'avoir trompé les Américains avant l'intervention en Irak. «Pourquoi avez-vous menti dans le but d'entraîner l'Amérique et son peuple dans une guerre qui a eu des conséquences aussi lourdes?» a demandé Ray McGovern au chef du Pentagone, lorsque Donald Rumsfeld prononçait un discours à Atlanta (Georgie). Son intervention a été retransmise par la chaîne de télévision CNN. Donald Rumsfeld a répondu que ni lui, ni Colin Powell, ni le président des Etats-Unis n'avaient menti. «Ils ont exprimé leur avis honnête au monde. Il s'est avéré qu'il n'y avait pas (en Irak) d'armes de destruction massive», a déclaré Donald Rumsfeld. «Vous avez affirmé que vous saviez qu'il y en avait», a répliqué Ray McGovern. Le Secrétaire américain à la Défense a fait remarquer qu'il n'avait rien dit de tel, qu'il ne parlait que de «lieux suspects».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com