Ahmadinejad défie les «petits tyrans» : L’Iran va enrichir l’uranium à échelle industrielle





Téhéran compte sur les réserves chinoises et russes Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, défiant les "petits tyrans", a affirmé hier à Bakou que son pays allait enrichir de l'uranium à grande échelle et vanté les mérites de ce programme pour les pays voisins de Téhéran et pour "le monde islamique". Le Quotidien — Agences «Nous avons l'intention de poursuivre notre activité (...) jusqu'à ce que nous réussissions à produire du combustible nucléaire à échelle industrielle pour nos centrales nucléaires", a-t-il déclaré, selon le texte de son discours, lors d'un sommet économique régional à Bakou. Ahmadinejad, engagé dans un bras de fer avec les Occidentaux qui soupçonnent Téhéran, sous couvert d'activités nucléaires civiles, de développer un programme militaire, a aussi recherché à Bakou le soutien des pays de la région. Les avancées iraniennes représentent "un grand accomplissement pour toute la région et pour le monde islamique", a-t-il lancé alors que le Conseil de sécurité des Nations unies menace d'adopter des sanctions si Téhéran ne suspend pas son programme d'enrichissement d'uranium. Le sommet de l'Organisation de coopération économique (OCE) réunissait les dirigeants de dix pays : l'Afghanistan, l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Turquie, le Pakistan et les ex-Républiques soviétiques d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan). "Notre progrès scientifique sert l'intérêt de la paix et ne menace pas un seul pays", a affirmé Ahmadinejad. Visant les Etats-Unis, il a accusé de "petits tyrans" de vouloir "interférer de façon insolente dans les affaires intérieures d'autres pays". Le président a aussi affirmé que son pays était prêt à travailler "sous le contrôle de l'AIEA" (Agence internationale de l'Energie atomique) tout en reprochant aux "organisations internationales, sous influence des superpuissances, de perdre leur fonction principale". M. Ahmadinejad a insisté sur l'importance d'une "coopération constructive" au sein de l'OCE, déplorant "l'injustice dans les structures internationales actuelles, la violation des lois, la violation des droits". * Refus de céder En effet, et malgré les pressions croissantes et un projet de résolution circulant à l'ONU l'enjoignant de suspendre l'enrichissement d'uranium, l'Iran refuse toujours de céder et table sur les réserves exprimées par ses alliés russe et chinois. Un haut dignitaire religieux iranien a encore affirmé vendredi que Téhéran ne reculerait pas devant les "intimidations" du Conseil de sécurité de l'ONU. "Rappelez-vous que si vous voulez emprunter la voie de la confrontation et adopter le langage de la force avec le peuple iranien (...) la réponse de la nation sera si sévère qu'elle poussera l'ennemi à regretter (son attitude) à jamais", a déclaré dans son prêche à Téhéran l'hojdatoleslam Ahmad Khatami. "Les Etats-Unis et le Conseil de sécurité doivent savoir que l'Iran n'est pas le genre de pays à céder face à leurs résolutions intimidantes", a-t-il dit à la prière de vendredi, au milieu de cris "Mort à l'Amérique". Le Conseil de sécurité des Nations unies étudie actuellement un projet de résolution franco-britannique enjoignant formellement l'Iran de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Ce projet, qui se réfère au chapitre VII de la Charte de l'ONU, ouvre la voie à des sanctions économiques, voire à une action militaire, Paris étant toutefois opposé à ce second volet, comme un certain nombre d'autres pays occidentaux. La Chine et la Russie, opposées aux sanctions et a fortiori à une opération militaire, ont déjà indiqué qu'elles n'étaient pas favorables à la référence au chapitre VII. "L'AIEA soutient des puissances arrogantes, qui sont l'axe du mal, au lieu d'encourager et d'aider un pays qui a atteint l'autosuffisance dans le domaine du combustible nucléaire", a-t-il affirmé.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com