Face au Conseil de sécurité : L’Iran imperturbable





L'Iran reste imperturbable face aux consultations laborieuses au sein du Conseil de sécurité des Nations unies sur un projet de résolution pour contraindre Téhéran à suspendre son enrichissement d'uranium. Le Quotidien-Agences "La nation iranienne considère que la technologie nucléaire est son droit et elle ne le cédera dans aucune circonstance", a rappelé hier l'éditorial du quotidien conservateur Jomhouri Eslami. La veille encore, le président Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays avait l'intention de poursuivre son activité "jusqu'à ce que nous réussissions à produire du combustible nucléaire à échelle industrielle pour nos centrales nucléaires". Il a aussi attaqué la légitimité de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité des Nations unies. "Ces organisations ne doivent pas être l'instrument de quelques puissances. Elles sont créées pour défendre les droits des pays, pas pour servir les intérêts de deux ou trois d'entre eux", a dit M. Ahmadinejad, qui s'exprimait depuis Bakou, où il participait à un sommet de l'Organisation de coopération économique, qui réunit dix pays de la région. * Blocage à l’ONU Pendant ce temps, au siège de l'ONU à New-York, les quinze membres du Conseil de sécurité ont poursuivi de difficiles consultations sur un projet de résolution franco-britannique sur l'Iran. Sans mentionner de sanctions, il exige de l'Iran la suspension de son programme d'enrichissement d'uranium, comme l'a demandé sans succès l'AIEA à Téhéran. Deux rencontres informelles sont prévues hier entre membres du Conseil, alors qu'un vote ne devrait pas avoir lieu avant la rencontre, lundi soir, à New York des chefs de la diplomatie des cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne. La ligne de fracture au sein du Conseil s'établit autour de la référence dans la résolution au chapitre VII de la charte de l'Onu, qui, au nom de la paix et de la sécurité internationale, peut ouvrir la voie à d'éventuelles sanctions économiques, voire à terme au recours à la force. Washington, Paris et Londres jugent nécessaire d'introduire cette référence pour amener l'Iran à plier. Mais Moscou et Pékin sont réservés sur ce point, qui risque selon eux d'aggraver la crise. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Kisliak, cité par les agences russes, a estimé hier que le projet de résolution sur le nucléaire iranien devait être profondément modifié. Le projet actuellement à l'étude au Conseil de sécurité "exige de grands changements", a déclaré Kisliak. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait indiqué la veille que, pour Moscou, la priorité était de "soutenir totalement la poursuite des activités de l'AIEA en Iran". Car Téhéran ne s'est pas privé, à de multiples reprises, d'avertir qu'il reverrait sa coopération avec l'Agence si la pression se faisait trop forte. Vendredi encore, Ahmadinejad a rappelé que "pour le moment, notre politique est de travailler dans le cadre des règles (de l'AIEA) mais, s'ils veulent nous imposer des limites, nous changerons notre politique en conséquence".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com