Critiques de Cheney : Moscou peut priver les USA de contrats





Le Quotidien-Agences La Russie, irritée par les propos critiques du vice-président américain Dick Cheney, peut "répondre" en privant les compagnies américaines de gros contrats, a estimé hier le quotidien financier russe Vedomosti, citant des sources proches du Kremlin. "Moscou peut donner une réponse asymétrique à la pression politique des Etats-Unis, en privant les milieux d'affaires américains de contrats de plusieurs milliards (de dollars)", écrit Vedomosti. La Russie pourrait notamment "prendre une décision négative" concernant la participation américaine au projet de développement de l'énorme gisement gazier russe Chtokman ou faire en sorte que la compagnie aérienne Aeroflot contrôlée par l'Etat choisisse des Airbus et non des Boeing pour renouveler sa flotte, souligne le journal, citant un responsable "proche du Kremlin", sous couvert de l'anonymat. Ce contrat qui porterait sur 22 long-courriers Airbus A350, est estimé à environ trois milliards de dollars aux prix catalogue, rappelle le journal. Aeroflot a refusé de confirmer l'information. "Boeing a été préféré un certain temps. Maintenant nous regardons les offres d'Airbus. Nous n'avons pas encore fait notre choix", a dit hier une porte-parole d'Aeroflot, Irina Dannenberg. Un autre responsable russe, cité par Vedomosti, "n'excluait pas" une suspension des négociations avec Washington sur l'adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), à l'initiative de Moscou. Pour adhérer à l'OMC, un pays candidat doit recevoir l'approbation de tous les Etats membres de l'organisation. L'adhésion de la Russie reste pour l'essentiel suspendue au feu vert américain. Cheney a fait sensation jeudi à Vilnius, en accusant Moscou d'utiliser ses ressources en gaz et pétrole "comme instruments de manipulation et de chantage" envers les anciennes républiques soviétiques. Il a aussi exhorté la Russie à ne pas s'écarter de la voie des réformes démocratiques si elle veut garder ses bons rapports avec l'Union européenne et les Etats-Unis. "De manière abusive et déplacée, le gouvernement (russe) restreint les droits", a-t-il dit. La presse russe a estimé vendredi que la mise en garde adressée à la Russie par Cheney signifiait un retour de la Guerre froide.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com