Dans une lettre d’Ahmadinejad à Bush : Téhéran «dicte» à Washington les moyens de régler la crise





Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a écrit au président américain George W. Bush pour lui proposer de "nouveaux moyens" de régler les tensions, un geste sans précédent depuis 1980 qui coïncide avec les fortes pressions sur l'Iran appelé à cesser ses activités nucléaires sensibles. Le Quotidien - Agences Selon le porte-parole du gouvernement Gholam Hossein, qui s'exprimait dans un point de presse à Téhéran, le président iranien propose dans sa lettre "de nouveaux moyens pour sortir de la situation dangereuse existante dans le monde". Le contenu de la missive, a-t-il ajouté, "va au-delà des questions nucléaires et les questions nucléaires font partie des questions internationales". La lettre a été remise hier à l'ambassade de Suisse, a indiqué une source à la présidence iranienne. La Suisse représente les intérêts américains en Iran depuis 1981, après la rupture des relations irano-américaines le 7 avril 1980. Dans son courrier, Ahmadinejad "analyse la situation dans le monde et examine les causes de ses problèmes", selon le porte-parole. "Dès que le président américain aura reçu la lettre, son contenu sera rendu public", a dit le porte-parole de la diplomatie iranienne Hamid Reza Assefi, cité par l'agence Isna. C'est la première fois depuis la rupture des relations diplomatiques qu'un dirigeant iranien établit officiellement un tel contact avec un chef d'Etat américain. Les responsables iraniens avaient jusqu'ici exclu toute discussion directe avec les Etats-Unis, en arguant que Washington n'était pas prêt à traiter Téhéran sur un pied d'égalité. Washington a de son côté proposé à Téhéran des entretiens directs sur la seule question de la situation en Irak voisin, mais les deux pays ont ensuite écarté un tel dialogue. Les contacts entre les deux pays, plus ou moins confidentiels, ont été limités jusqu'ici au niveau de diplomates des ministères des Affaires étrangères, selon des sources diplomatiques occidentales à Téhéran. * Bush inflexible La Maison Blanche a affirmé hier ne pas avoir connaissance de cette lettre mais a répété que l’Iran savait ce qu’il avait à faire et devait cesser l’enrichissement d’uranium. «Nous essayons de vérifier», a déclaré le porte parole de la Maison Blanche refusant de spéculer sur la réaction éventuelle de l’administration à une telle lettre. Avant même la lecture de cette lettre, le président américain George W. Bush a appelé la communauté internationale "à prendre très au sérieux" les menaces du président iranien, tant sur le dossier nucléaire que vis-à-vis d'Israël. Dans une interview parue dans le journal dominical allemand Bild am Sonntag, le chef de l'Etat américain, au lendemain d'une rencontre à Washington avec la chancelière allemande Angela Merkel, a réitéré que, même s'il préférait "une solution diplomatique", "toutes les options devaient être mises sur la table", y compris la militaire. Or, a-t-il ajouté, quand le président Ahmadinejad affirme "qu'il veut détruire Israël, il faut que le monde prenne cela très au sérieux", d'autant plus qu'il "s'agit d'une menace précise contre un allié des Etats-Unis et de l'Allemagne". Lors d'un entretien avec le président Bush le 4 mai dans la capitale américaine, la chancelière allemande avait assuré que Berlin et Washington étaient en "accord total" pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire, mais jugé "crucial" de former le front international le plus large possible. Et cela alors que la Russie et la Chine, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et opposés à toute sanction à l'encontre de Téhéran, ont exprimé leurs réserves quant au projet de résolution franco-britannique en cours d'examen à New York, siège de l'ONU. A New York, les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Russie, de Chine, pays membres permanents du Conseil de sécurité, et de l'Allemagne devaient tenir hier soir une réunion consacrée au dossier iranien. Parallèlement, les 15 membres, permanents et non permanents, du Conseil devaient de nouveau discuter d'un projet de résolution, conçu par Paris et Londres avec l'appui de Washington, pour obliger l'Iran à suspendre l'enrichissement, sans toutefois le menacer encore de sanctions. Les Occidentaux demandent à l'Iran de suspendre les activités les plus sensibles de son programme nucléaire, disant craindre qu'à terme ce pays ne se dote de l'arme nucléaire. Téhéran a toujours démenti que telle soit son intention.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com