Rencontres chorégraphiques de Carthage : La danse africaine à l’honneur





Une semaine après leur sacre à Paris, «Mona-Mambou», «Improvisé 2» et «Dentro de min Oulha», trois compagnies africaines lauréates se sont produites au Théâtre Municipal de Tunis, cette fois-ci, pour la clôture des Rencontres chorégraphiques de Carthage. «Les Noirs d’Afrique sont les créateurs les mieux doués en danse rythmique, harmonieusement accordée aux percussions sur le tam-tam, sans qu’ils n’aient besoin ni de leçons initiatique, ni de répétition… ils ont le rythme dans les veines, la musique et la danse étant pour eux un don de naissance». Cette assertion de Jâhiz, un critique d’art irakien de Bassorah illustre parfaitement les trois prestations signées par les groupes lauréats des rencontres de l’Afrique et de l’Océan indien, à la célèbre bonbonnière de la Ville de Tunis. Première d’une série de leur tournée internationale qui a commencé par Tunis, ces danseurs considérés comme les meilleurs du continent ont embarqué l’assistance dans la chaleur des danses rythmées et énergiques, mais parfois très modernes du continent noir. «Mona-Mambou», une pièce chorégraphique concoctée par la compagnie «Li Sangha» a eu l’honneur d’inaugurer cette soirée de clôture des 6èmes rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien. Dans son premier tableau, elle nous offre un aperçu sur la rythmique et sur l’expression corporelle. La spécificité de ce spectacle est qu’il entraîne un glissement incessant entre les tableaux de grande danse et les situations les plus quotidiennes parfois quasi triviales. Comme si ces deux niveaux s’imprégnaient l’un l’autre, sans crier gare. Energiques, dans leur façon de danser mais habile et très appliqués dans l’exécution des gonnes, les danseurs de «Mona-Mambou» ont embarqué l’assistance dans une ambiance passionnante grâce à un genre de danse mi-traditionnel, mi moderne à travers un spectacle qui duré 40 minutes. * La fiesta des gammes «Improvisé 2» une deuxième pièce chorégraphique concoctée par la compagnie «Premier temps» a été la deuxième prestation présentée samedi. Exécutées par un duo, les gammes de danse de cette pièce étaient des plus fascinantes. Combinaisons entre des pas lents, des sauts et acrobaties, telles étaient les spécificités de cette pièce d’une vingtaine de minutes. La particularité de cette pièce est qu’elle réunit deux artistes qui s’intéressent beaucoup plus à ce qui se crée entre eux et autour d’eux. Il s’agit en effet d’un autre regard sur la vie à travers l’expression corporelle de la danse. La dernière prestation de ces 5èmes rencontres chorégraphiques de Carthage a été signée par «Dentro de Mim outra ilha», un groupe de la compagnie culturante. Les danseurs de cette compagnie ont entamé leur prestation, sous le signe des pas de danse très calme avant de passer à l’action. On a vu les danseurs exécuter tantôt des mouvements de déplacement des animaux aquatiques, tantôt des bonds. Le tout était combiné avec des paroles racontant la vie quotidienne. On pouvait décrypter aussi dans la gestuelle et les mouvements, une expression très particulière qui met l’accent sur le lien de la responsabilité dans la culture. Bref, les 5èmes Rencontres chorégraphiques de Carthage ont fini samedi dernier par des spectacles chauds et rythmés complétant le beau tableau riche et varié de cette session. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com