Tourisme Les députés tirent à boulets rouges sur le bradage des prix et les dépassements des hôteliers





Le secteur touristique a fait l’objet d’un débat entre le gouvernement et les députés qui a eu lieu hier dans l’hémicycle du Bardo. Tunis-Le Quotidien Les députés ont énuméré, à cet effet, les différents défis que le tourisme tunisien est désormais appelé à relever dans un contexte international hautement concurrentiel. Le député Ameur Ben Abdallah s’est enquis de la stratégie du ministère de tutelle en matière de lutte contre les dépassements de certains hôteliers, voyagistes et autres professionnels du secteur cherchant à renflouer leurs caisses au moindre coût. Il a fait remarquer aussi que les prix de séjour dans les hôtels dont bénéficient les touristes étrangers sont encore et toujours très bas contrairement à ceux proposés aux autochtones. La députée Mounira Dérouiche s’est enquise du bilan de l’activité touristique au cours de l’année écoulée ainsi que des mesures concrètes prises dans le cadre de la stratégie de diversification du produit touristique. Un produit qui demeure essentiellement balnéaire au moment où de nouveaux créneaux tels le tourisme écologique et culturel font les beaux jours de l’activité touristique sous d’autres cieux. Le député Kamel Boujebel a évoqué les retombées écologiques et économiques néfastes que pourrait engendrer l’installation d’une station de dessalement des eaux en pleine zone touristique à Djerba tout en appelant le département de tutelle à transférer cette station. D’autre part, la députée Sondès Aouiti s’est interrogée sur les répercussions de la création d’une centrale de réservation, qui sera gérée sur le plan logistique par «Amadeus», sur le tourisme intérieur. De nombreuses interventions ont porté, par ailleurs, sur les perspectives du tourisme de santé ainsi que sur les stratégies de conquête des marchés touristiques arabes et asiatiques. * Stratégie En réponse aux questions des députés, M. Tijani Haddad, ministre du Tourisme, a souligné que les prix pratiqués en Tunisie ne diffèrent pas de ceux proposés dans d’autres destinations concurrentes. «Actuellement le secteur est aux mains des privés. Toutefois, l’Etat continuera à jouer le rôle qui lui est assigné en matière de législation et de contrôle de la qualité des services et de la politique des prix», a-t-il ajouté. S’agissant du bradage des prix, le ministre a indiqué que les services compétents luttent énergiquement contre cette politique qui ternit l’image de marque du secteur tout comme la mauvaise qualité des services. Sur ce même point, M. Haddad a souligné qu’une stratégie de promotion du secteur basée sur les résultats des études stratégiques réalisées par des bureaux d’études internationaux et de la consultation nationale sur le tourisme a été mise en place. Cette stratégie s’articule autour de plusieurs axes : la mise à niveau des centres de formation professionnelle spécialisés dans le tourisme, la révision des normes de classement des hôtels, la diversification du produit touristique et la conquête de nouveaux marchés prometteurs en Europe et en Asie. En matière de diversification du produit, l’intérêt se porte sur la restauration des sites archéologiques, l’aménagement des musées. Plusieurs réunions entre des représentants du ministère du Tourisme et du ministère de la Culture se sont, en effet, tenues récemment pour débattre de l’aménagement des circuits touristiques culturels ayant trait aux diverses époques historiques. Les autorités de tutelle travaillent également d’arrache-pied pour promouvoir le tourisme des congrès et le tourisme écologique ainsi que le tourisme de plaisance... Volet tourisme de santé et thalassothérapie, la Tunisie occupe actuellement la deuxième place après la France.Sur un autre plan, M. Haddad a fait remarquer que les actions promotionnelles ciblent désormais de nouveaux marchés. Il s’agit surtout des marchés arabe, chinois et japonais. Expliquant les raisons de la différence entre les prix proposés aux touristes étrangers et ceux pratiqués en Tunisie, le ministre a indiqué que les tour-opérateurs étrangers achètent un important nombre de lits — au prix de gros — alors que les autochtones ne cherchent à réserver dans les hôtels que pendant la haute saison et en dernière minute. Concernant la station de dessalement des eaux de Djerba, M. Haddad a fait savoir que ce projet pourrait être transféré. Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com