Basket – L’analyse technique Abouda Ben Brahim : «Atouts autrement pertinents du S.N.»





Sur sa lancée du match de Coupe, le SN a, une nouvelle fois, pris le dessus sur son même antagoniste clubiste. Après l’avoir bouté hors circuit de la Coupe, il moissonne un premier succès sur terre adverse pour le compte de la finale du championnat qui se joue en deux actes ou même trois, si les gars de Bab Jedid parviennent à lui rendre la pareille à Nabeul, dans moins d’une semaine. Raz-de-marée rouge et blanc lors du premier half, tsunami dévastateur vert et orange lors du second, c’est à y perdre son latin. Comment notre consultant technique, Abouda Ben Brahim, peut-il démêler cet écheveau et expliciter cet embrouillamini technico-tactique? Approche comparative certes, mais sur fond de tout indissociable. Le jeu du C.A. Après 2’ de tâtonnements, le CA a pris les rênes du match, prouvant qu’il l’a bien préparé, avec une perspicace lecture du jeu, comme en témoigne le score après 8’ (15-6). Mais à partir du troisième quart-temps, les Clubistes se sont départis des qualités exhibées auparavant, telles que la patience en attaque, l’agressivité en défense, le repli, la notion d’aide, la faculté d’enrayer opportunément le rythme adverse… Défense Le CA a opté au long du match pour un homme-à-homme sur la zone avec aide. Lors des deux premiers quarts-temps, cela a bien carburé à la faveur de la fraîcheur physique des joueurs, encore intacte et parce que, corrélativement, le SN cafouillait en attaque à cause de l’entêtement de ses joueurs à tirer en première intention, infructueusement, outre la lenteur du rythme qui faisait l’affaire des Clubistes. Lors de la seconde mi-temps, la défense clubiste prenait eau de toutes parts, parce que rarement les Rouge et Blanc se sont retrouvés à cinq, les Nabeuliens étant passés à la vitesse supérieure, grâce à leurs contres aussi rapides que désarçonnants. De plus, le choix ingénieux des Potiers d’axer leurs manœuvres offensives sur le jeu intérieur, avec la réussite que l’on connaît, a considérablement gêné les Clubistes. Ces derniers ont fini par lâcher quasi totalement le morceau, face à l’adresse inouïe des Potiers dans l’exercice des tirs à 3 points, génératrice de déliquescence mentale et, par ricochet, physique. Attaque En première mi-temps, grâce à leur défense en bloc, qui leur a permis de réaliser plusieurs interceptions et rebonds, les Clubistes ont pu mener des contres réussis, un scénario assez inaccoutumé pour eux. Mais quand on dispose d’un arrière aussi vif que Marouène Lahmar, la chose devient possible. En outre, sur attaques placées, ils se sont montrés fort patients. En seconde mi-temps, la donne a changé de fond en comble et l’extrême agressivité des Potiers leur a fait perdre tous leurs repères. Si, en première mi-temps, presque la totalité des points ont été réussis sur contre-attaques, ce scénario ne pouvait plus être de mise par la suite, consécutivement au réveil tonitruant des Nabeuliens. Le jeu du S.N. A l’instar des Clubistes, les Cap-Bonais ont commencé par tergiverser pendant les 2’ initiales. Mais, contrairement à leurs vis-à-vis, ils ont, par la suite, fait le mauvais choix en s’entêtant à tirer de loin, d’instinct, comme en témoigne le gâchis de Maâlaoui (3 fois de suite) s’exposant ainsi aux contres meurtriers des Clubistes. En seconde mi-temps, le SN retrouvait ses vertus propres, à savoir, jeu rapide et en mouvement, optimisation du jeu intérieur, tirs de loin travaillés et opportuns… Défense Le SN a été fidèle à son homme-à-homme. Mais si lors des deux premiers quarts-temps, cela a tiqué, c’est à cause de leur déroute offensive, ayant engendré une infériorité numérique en défense, contres adverses obligent, ainsi que leur défaut de conviction. Après la pause, il y eut une totale métamorphose. Et malgré un passif de 13 points, les Nabeuliens sont revenus, mentalement, dans le match. Ils ont retrouvé leur basket basé sur l’agressivité, une imposante présence sur toutes les balles, une relance rapide, un rythme endiablé qui a asphyxié l’adversaire, avec des joueurs qui se prêtent idéalement à ce registre, Ben Abdallah et Timimi en l’occurrence. Attaque Au début, le SN a joué contre nature. Il n’y avait, en effet, pas d’option tangible pour le jeu intérieur et les tirs de loin étaient effectués à l’emporte-pièce. Mais; à partir du troisième quart-temps, l’articulation défense-attaque a excellemment carburé, outre le jeu intérieur retrouvé, à la lumière de l'implication directe du duo de choc, Maâlaoui-Hadidane. Par ailleurs, il y eut beaucoup de débordements et d’infiltrations menés jusqu’à leur terme, avec succès. Concernant la réussite dans les tirs de loin, elle ne s'est réalisée qu’après la confiance retrouvée. Il faut reconnaître aussi que la tâche des Nabeuliens a été facilitée par le relâchement des Clubistes qui ont fait preuve de défaitisme vers la fin, contrairement à leurs habitudes. Ce qui a fait la différence Plusieurs facteurs ont fait pencher la balance du côté nabeulien. Il y a d’abord la valeur foncière du banc, au double plan quantitatif et qualitatif. A ce niveau, il n’y a pas photo entre les deux équipes. la fraîcheur physique, ensuite, a été déterminante. Certains joueurs clubistes, gagnés par l’usure, ont paru très émoussés. Au plan mental, par ailleurs, le clivage était net. En effet, à -13 à la mi-temps, les Potiers ont trouvé les ressources mentales et psychologiques pour revenir en force dans le match alors qu’en face à -1 seulement, les Clubistes ont douté et vite lâché prise. Ceci dit, chaque rencontre ayant sa vérité propre, il reste une seconde manche à négocier et tout demeure possible». Propos recueillis par Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com