Basket L’analyse technique de… Abouda Ben Brahim : «Le C.A., trahi par certaines défaillances individuelles»





Sur l’ensemble des deux manches, le SN a, irrécusablement, mérité son sacre. Mais si à l’aller, il n’y avait vraiment pas photo, au retour, le CA aurait très bien pu damer le pion à son antagoniste et se payer une belle, génératrice de regain d’espoir. Pour notre consultant technique, Abouda Ben Brahim, les deux coaches ont fait les meilleurs choix possibles, mais si la balance a penché plutôt du côté nabeulien, c’est avant tout imputable à certaines défaillances individuelles dans le camp clubiste Analyse. Le jeu du S.N. Il n’y a, à l’évidence, aucune commune mesure entre le match du Gorjani et celui livré à domicile. C’est le SN, cette fois-ci, en tant que club recevant, qui a le plus pâti de la pression. Outre le fait que les Nabeuliens ont trouvé, en face, un CA ayant visiblement bien préparé son coup. Défense Le SN, comme à son accoutumée, a opté pour un homme-à-homme strict. Mais ses joueurs ont , au début, éprouvé les pires difficultés parce que les Clubistes faisaient durer leur attaque au maximum, ce qui nécessitait une plus grande débauche d’efforts et une éprouvante concentration des défenseurs locaux. Mais, à certains moments du mach, les plus cruciaux du reste, entendons à l’entame du second quart-temps quand ils étaient menés de 10 points et au milieu du troisième, à -12, ils ont retrouvé leur allant et leur agressivité en défense, pour contrer leurs vis-à-vis et mener des contres rageurs et couronnés de succès. Attaque Le plus clair du temps, les Potiers ont tâtonné et manqué de percussion. C’est qu’ils se sont tellement usés en défense qu’ils ont manqué de répondant en attaque, sans compter la qualité du repli défensif clubiste, autrement plus performant que d’habitude. Cette remarque a été, toutefois, battue à plate couture, par intermittence, au grand bonheur des Nabeuliens, euphoriques, notamment lors du deuxième quart-temps. Par ailleurs, le jeu intérieur nabeulien a été très en-deçà de son rendement habituel, à la lumière de la prestation assez transparente de l’atout-maître du SN, Mejdi Maâlaoui. Quant aux tirs, ils n’ont pas connu leur réussite coutumière, ayant été tentés dans des situations défavorables, sauf au troisième quart-temps et surtout à la fin. Et c’est à ce niveau que se situe le mérite des Nabeuliens, la bonification de leurs actions étant survenue aux moments opportuns. Le jeu du C.A. Sur le plan tactique, le CA a excellemment préparé son match. Les choix stratégiques m’ont semblé les plus appropriés, mais c’est au plan individuel que le CA a tiqué. Défense Le CA a, lui aussi, privilégié l’homme-à-homme, mais avec aide beaucoup plus tangible que son vis-à-vis. Les Clubistes ont opéré en bloc, avec une seule défaillance, à savoir le rebond. C’est ainsi que plusieurs deuxièmes balles ont été dilapidées et converties en paniers par l’adversaire. Un autre point est à mettre à l’actif des Clubistes, leur repli défensif en l’occurrence, une belle surprise quand on sait que traditionnellement, cet aspect du jeu est connu par sa lenteur. Attaque A ce niveau aussi, il y eut de bons choix tactiques, à la lumière de la patience dont les attaquants ont fait montré le plus souvent, l’absence de précipitation, donc, la préparation des tirs au profit du joueur le mieux placé et le plus adroit... Mais la principale lacune est d’ordre individuel, au vu des erreurs que certains joueurs assument directement, à l’instar de ces situations en 1 contre 0 lamentablement ratées, certains tirs en déséquilibre, des passages en force, parfois des relances boitillantes et empruntées, des pertes de balles et surtout cet énervement outrancier de quelques éléments qui se sont prévalus d’un esprit rouspéteur assez criant et générateur de déconcentration. C’est dommage pour eux, car lorsqu’il s’est agi de s’investir dans le jeu, ils ont fait preuve de solidité mentale. A titre indicatif, après avoir été rejoints au score (2e quart-temps), ils sont répartis de plus belle par la suite (+12). Par ailleurs, le contre clubiste a, globalement, bien fonctionné. * Ce qui a fait la différence Il est assez malaisé de se prononcer à ce niveau, tellement l’issue du match était indécise. Il y a toutefois un facteur qui m’a paru déterminant, celui relatif aux mauvais choix, aux mauvaises décisions du moment, prises par certains joueurs clubistes dans des situations pourtant avantageuses. A +12, en outre, leur gestion du temps et du score, n’était pas judicieuse. Contrairement à leurs vis-à-vis qui ont optimisé au maximum les moments cruciaux du match. Il y a aussi côté CA, un excès de nervosité et de fébrilité qui a fait perdre à certains, plus de 30% de leurs moyens réels. Pour tout dire, le SN a fait la différence surtout au Gorjani et ses joueurs y ont cru davantage. Recueillis par Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com