Exposition Quand l’art sacralise le feu





Un véritable éveil du regard et du toucher est cette exposition qui se tirent au palis Kheireddine du 24 mai au 1er juillet. «Le feu sacré» s’offre à nous, tel un feu d’artifices brûlant de signes à décoder. L’Association Echanges culturels en Méditerranée «ECUME» organise pour la quatrième fois consécutive «La biennale des arts de la ville de Tunis». Une manifestation qui tente, un tant soit peu, de donner les divers sens de l’esthétique des artistes méditerranéens des temps présents. Cette année, le thème des œuvres exprime le dialogue avec le feu, avec le cortège d’émotions que peut renvoyer ce signe de la nature. Les artistes sont, en fait, des méditerranéens excepté quelques nouveaux venus qui ne peuvent qu’enrichir l’exposition. Ils sont, en effet, d’Alger, d’Athènes, de Barcelone, de Beyrouth, de Bordeaux, de Buenos Aires, de Cologne, de Damas, d’Essaouria, de Gênes, d’Istanbul, de la Valette, de Marseille, de Sarajevo, de Séville, de Tunis, de Nabeul, de Sfax, de Djerba et de Gabès. En somme, il s’agit ici d’un concentré sans pareil des tendances artistiques de l’ère du temps. Chacun à sa manière perçoit le feu grâce à divers procédés techniques pour donner à rêver... On dit que dans des époques anciennes, Prométhée a volé le feu aux dieux pour que l’homme en profite dans sa vie quotidienne. Les artistes de la 4ème biennale des arts en ont profité encore et chacun y voit un aspect de la vie spirituelle. «Le temple solaire de la Médina» est à titre indicatif une installation fort originale de Yasser Jradi un diplômé des Beaux-Arts de Tunis de 1989 qui combine avec le tact d’un artiste expérimenté des éléments anachroniques. Dans la chambre noire qu’il réserve à son installation, Yasser place entre autres, au centre de l’espace qui lui est offert, un cube virevoltant et centrifuge éclairé d’une lumière joliment tamisée. Là où sont inscrites quelques paroles écrites dans la langue perse revenant à Ikhwane Assafa (Irak, 10ème siècle) qui à l’époque s’est insurgé contre l’ordre établi. Un air de musique des Pink Floyd, titrée «Set the controls for the heart of the sun», rappelle également la musique révolutionnaire du groupe anglais du 20ème siècle... L’installation donne matière à réfléchir. On lit ici et là «Il n’y a de feu sacré que le soleil, la lumière, la vie» ou «Ce qui est né dans l’eau ne s’achève pas dans le feu» ou «Flammes sacrées» ou encore en allemand «Das feuer»... Les langues mères, en fait, diffèrent et celles artistiques aussi. On aime notamment «Les incunables» de Franc Thibault, celle d’Anna Galea de La Vallette, et non moins les autres œuvres qui rivalisent de subtilité. Car s’il est un point à relever, ce serait la qualité artistique de ces œuvres exposées qui attestent de fait que les artistes méditerranéens ont le feu sacré et que le feu a pu allumer leur créativité. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com