LTDH : Sept présidents de section dénoncent les pratiques illégales du Comité directeur





Accourue au chevet de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme, une commission de bons offices composée de personnalités nationales n’a pas réussi à mettre en terme au bras de fer qui oppose le Comité directeur aux sept présidents des sections dissoutes. Tunis - Le Quotidien Décidément, la rupture est totalement consommée entre l’actuel Comité directeur de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et sept présidents de section de la Ligue. La preuve: ces derniers ont tenu, hier, à Tunis, une conférence de presse lors de laquelle ils ont dénoncé la «fuite en avant» et les «pratiques illégales» du Comité directeur issu du 5ème congrès, tenu en 2000. Les sept présidents de section ont accusé le Comité directeur de la LTDH d’avoir procédé «en violation des statuts et du règlement intérieur de l’organisation», à des dissolutions-fusions de certaines sections afin d’en exclure les membres ne partageant pas ses points de vue». Le Comité directeur a usé et abusé de tous les moyens illégaux pour exclure de très anciens militants et cadres de la ligue», a fait remarquer M. Ridha Mellouli, président de la section de Tunis-Médina. Selon les organisateurs de la conférence, les dissolutions-fusions réalisées sous le prétexte de «restauration» ont réduit considérablement le nombre d’adhérents à la ligue. Celui-ci est passé de 4.000 adhérents en 2000 à environ 500 seulement actuellement. * Positions rigides Les présidents de section mécontents, qui ont porté plainte contre le Comité directeur pour contester les dissolutions-fusions après l’épuisement des voies du dialogue, déplorent également les «positions rigides» rejetant toute solution démocratique» du Comité directeur. Après la décision du tribunal de première instance de Tunis, en procédure d’urgence, à la suite d’un recours en référé introduit par les plaignants menés par Me Chedly Ben Younès, président de la section de Montfleury, d’interdire la tenue du 6ème Congrès de la ligue, le Comité directeur a refusé durant plusieurs mois de répondre à la requête des présidents des sections dissoutes. Ainsi, l’affaire a été reportée à plusieurs reprises. Entre-temps, cinq présidents de section ont décidé de retirer leurs plaintes dans le but de prouver leur bonne volonté et de contribuer au dénouement de la crise en prenant langue avec le Comité directeur. Il s’agit de MM. Fathi Attia, Abderraouf Jemel, Mohamed Zine Dhouilaâ, El Kamel Laâbidi et Salah Kachbouri, respectivement présidents des sections de Hammamet, Séjoumi, Tataouine, le Kef et Kasserine. Invités par le Comité directeur, le 21 février 2006, pour débattre d’une solution démocratique de la crise, les cinq présidents de section ont constaté que le Comité qui tient les commandes de la LTDH n’a affiché aucune prédisposition à faire des concessions. «Le Comité directeur a campé sur ses positions initiales en nous proposant de participer aux congrès des sections fusionnées», précise M. Abderraouf Jemel, président de la section de Séjoumi. * Personnalités nationales Les présidents des sections dissoutes ont, cependant, vu poindre une lueur d’espoir quand une commission de bons offices composée de personnalités nationales dont notamment MM. Mohamed Charfi, Ahmed Ounaïes, Mohamed Ennaceur et Taoufik Bouderbala a tenu à jouer les médiateurs afin de préserver la LTDH, acquis national incontestable. Après avoir écouté les deux parties, cette commission a proposé le retrait des plaintes encore en cours déposées par MM. Ridha Mellouli et Chedly Ben Younès et la tenue des congrès des sept fédérations dissoutes. Toutefois, le Comité directeur a campé sur ses positions refusant, encore une fois, toute solution démocratique. Raison pour laquelle les organisateurs de la conférence de presse ont tenu à souligner leur amertume face à ces «pratiques illégales» et à ces «comportements isolationnistes» du Comité directeur de la ligue tout en réaffirmant leur engagement à défendre l’indépendance de l’organisation vis-à-vis des partis politiques légaux, des groupuscules non reconnus et des pourvoyeurs de fonds. Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com