«Bit Sghar» : Unis pour la tolérance dans le pire





“Bit Sghar” (La chambre d’enfants), une dramaturgie de Olfa Ben Hcine, a été présentée mardi dernier au Quatrième Art. Ce fut un voyage au cœur des situations percutantes et poignantes d’un couple en mal d’intégration. Aux dires de Roland Barthes: “L’écrivain est celui qui transforme le pourquoi du monde dans un comment écrire, tandis que le metteur en scène adapte ce pourquoi du monde aux situations tantôt actuelles, tantôt dépassées”. Cette assertion à laquelle adhère aussi Dorthy Mason Pierce, un dramaturge anglais, considéré comme l’enfant terrible du théâtre britannique, édifie humblement “Bit Sghar”. Inspirée d’ “Amédée” d’Eugène Ionesco, cette pièce, dans un style théâtral où la dramaturgie se joint à la comédie, restitue l’histoire d’un couple. Coupé du monde extérieur, les deux mariés n’ont pas quitté leur maison depuis 25 ans. Ecrivaine de théâtre de son état, la femme a loupé toutes ses chances durant les 25 ans et n’a pu verser ses premières gouttes d’encre sur une première page. Elle a été ensuite obligée d’aller travailler pour subvenir aux besoins de son mari. Calme et paresseux, le mari est tout le temps en désaccord avec son épouse qui, pour sa part, bien que ne cessant de faire preuve d’un dynamisme exemplaire, se montre très nerveuse. Mais les vraies péripéties de ce couple ont commencé à la suite d’un différend qui a éclaté suite à la frustration de l’épouse qui s’est sentie dans le plus grand besoin d’avoir des enfants. Ainsi, la maison devient le théâtre des querelles et des sarcasmes entre les deux conjoints. Tantôt l’épouse se montre tolérante, tantôt c’est le mari qui fait preuve de sang-froid. mais l’histoire de ce couple est fort édifiante. Elle donne une belle leçon de tolérance entre ces deux conjoints qui, par faute d’enfants et de moyens, font également preuve de simplicité et de modestie, mais aussi d’un sens de dépassement des querelles et des joutes. * Frustration D’une durée d’une heure et 10 minutes, le décor de “Bit Sghar” donne à réfléchir. Transformée en une maison où les effets et les bagages pour enfants sont accrochés ça et là, la scène du “Quatrième Art” invite à une réflexion approfondie sur les conditions de vie tristes d’un couple sans enfants et n’ayant pas de contact avec l’extérieur. Cette absence d’enfants se sent et se lit dans toutes les situations conflictuelles et témoigne du fait que l’enfant est et restera toujours source d’épanouissement. Une des preuves que ce couple manque de gaieté et souffre de l’absence d’enfants dans son foyer est que, dans chaque conflit, les deux conjoints adoptent une attitude très enfantine pour dépasser leurs différends. On avait l’impression en fin de compte, d’être dans “Une maison d’enfants”, titre de la pièce. Concoctée par Olfa Ben Hcine et mise en scène par Moëz Turki, cette pièce est une réalisation des jeunes diplômés de l’Institut Supérieur des Arts Dramatiques en collaboration avec l’acteur Taïeb Oueslati. Ces jeunes acteurs, réalisateurs et comédiens ont pour objectif avoué d’instaurer un autre regard sur l’écriture d’Eugène Ionesco, une comédie hostile aux fainéants et aux incompétents. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com