Jazz à Carthage by Tunisiana : L’art est là, le professionnalisme aussi





Du 12 au 22 avril 2006, la cité antique de Carthage, le front de mer, Ennejma Ezzahra et autres vont vibrer sous les rythmes du jazz aux blues avec des légendaires, comme Al Jarreau, Billy Paul, Manu Katché, Artur Dukiewicz, Doctor 3, Roy Hargrove et les autres et le saxo, le piano, la trompette ... du plus ancien au plus branché ... Si Jazz à Carthage by Tunisiana a volé de ses propres ailes dans sa première édition et assez haut “et ça n’a rien coûté à l’Etat” d’après les termes mêmes de son organisateur, c’est parce que derrière l’événement, il y a de l’esprit et de la jugeote. Dans la forme comme dans le contenu. La pléiade d’artistes ayant défilé l’an dernier sur les scènes de la banlieue nord de Tunis a répondu aux attentes d’un public composé essentiellement de mélomanes avertis. Seul point noir entachant Jazz à Carthage by Tunisiana I, c’était le prix exorbitant dans la billetterie, hors de la portée de M. et Mme tout le monde. Pour le reste il n’y a rien à dire et ne nous démentiront pas tous ceux qui ont assisté aux divers concerts. Pour ce second rendez-vous, Scoop Organisation qui travaille en pool avec Tunisiana sur pas mal de projets a voulu ouvrir l’éventail de quelques plis et de revoir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. “Nous sommes heureux d’être impliqués dans la vie culturelle et sociale du pays. Nous sommes présents depuis trois ans mais nous faisons les choses souvent discrètement. Comme c’est le cas de notre partenariat avec le village SOS de Gammarth. Nous collaborons avec des professionnels et nous ne voulons pas de festivals, mais de vraies rencontres enrichissantes”, a précisé Robert Lee, directeur général et commercial de Tunisiana, qui a ouvert la conférence de presse tenue hier dans un hôtel du côté nord de la capitale devant un parterre de journalistes et des partenaires de la manifestation. Pour Mourad Mathari de Scoop Organisation, Jazz à Carthage by Tunisiana est “un événement qui tourne autour du jazz. Outre les concerts programmés dans la première partie, il y aura des peintures, des projections cinématographique, des master-classes, une conférence-débat, des émissions radio pour vivre au rythme du jazz et du blues”. Au programme, nous n’avons pas constaté la présence de jazzman tunisiens? Réponse de l’organisation : “Nous avons certes agrandi, multiplié, diversifié le contenu de la manifestation. Mais nous avons tablé sur la qualité en réponse à un public qui nous demande d’aller dans ce sens. Du côté tunisien, nous avons choisi deux jazzmen, hélas ils sont en tournée et sur scène pendant la même période. N’empêche que nous lançons d’autres appels pour que des projets de qualité soient remis six mois à l’avance, de nos jazzmen habitant ici ou résidant à l’étranger”. Ayant une carrière de douze ans dans le domaine de l’organisation, Mourad Mathari se déclare favori pour soutenir les nôtres. “C’est notre orientation. Il faut aider et être à côté des passionnés du blues et du jazz. Nous l’avons fait avec les Faouzi Chekili, Mamdouh Arbi, Samir Ben Massoûd, Wajdi Cherif et autres Tanit, Gharby’s, Zanzana et ... Nous comptons dans cette manifestation ouvrir au grand public les masters classes. Car nous voulons former des musiciens dans ce genre, peu épanoui chez nous”, ajoute le responsable de Scoop Organisation. Quant à Zénon Kowal, délégué-Wallonie (Bruxelles), fondateur de plusieurs festivals dans le monde et notamment Sidi Blues de Sidi Bou Saïd, créé tout récemment, a proposé ou plutôt suggéré un concert Tunisian Night pour même les moins confirmés et de tous les niveaux, afin de ne pas exclure les amateurs du genre de leur festival, qui plus est dans leur pays. Le Comité d’organisation s’enorgueillit aussi de voir près de 150 personnes étrangères confirmant leurs réservations par Internet, surtout qu’au mois d’avril, il y a des vacances en France et ailleurs. C’est aussi un autre objectif intéressant, celui du tourisme culturel. Quant aux tarifs de cette année, le festival, au budget flexible selon les cachets des artistes, la collaboration des ambassades et des Instituts culturels, les a bien revus et à la baisse. Les prix varient entre 10 et 60 dinars. Les 82% de capacités de vente tirent vers les tarifs de 10 à 30 dinars. Aussi les étudiants peuvent s’en réjouir car, “nous avons pensé à eux avec des tarifs applicables dans le cadre de la coopération”, a souligné Mathari qui n’a pas caché sa désolation de ne pas voir chez nous de salles adaptables à ce genre de concert. “Nous remerçions pour cette année tous nos partenaires, notamment les Français, Hollandais, Polonais, Italiens, Wallonie-Bruxelles (Belgique)”, a dit Mourad Mathari qui est déjà sur tous les fronts des off, des In, de jazz club, ciné jazz, jazz expo, studio jazz, Apéro-jazz et autres qui vont rythmer à Carthage et environs”. “Le jazz, se joue, s’écoute et se voit”, a dit en guise d’invitation élégante Mathari avec de clôturer le point de presse. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com