Enrichissement de l’uranium : L’Iran fait front à l’ONU, les «grands» menacent





L’Iran a rejeté la demande de l’ONU de suspendre l’enrichissement d’uranium. Un refus qui n’est pas de nature à apaiser les six «grands» réunis hier à Berlin qui ont haussé le ton envers Téhéran en affichant leur unité. Le Quotidien-Agences L'Iran a rejeté hier la demande du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre, d'ici un mois, son enrichissement d'uranium. "La décision de l'Iran sur l'enrichissement, en particulier dans les domaines de la recherche et du développement, est irréversible", a déclaré à Vienne l'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Aliasghar Soltanieh. Cette fin de non-recevoir suit l'adoption mercredi soir à New-York d'une déclaration du Conseil de sécurité demandant à l'Iran de "prendre les mesures requises par le Conseil des gouverneurs" de l'AIEA. Le conseil a souligné "à cet égard, l'importance particulière d'un rétablissement complet et durable de la suspension de toute activité liée à l'enrichissement d'uranium, y compris dans un cadre de recherche et développement, et que cette suspension soit vérifiée par l'AIEA". Le directeur de l'AIEA doit rendre compte dans les 30 jours, à l'AIEA et au Conseil de sécurité, de la façon dont l'Iran s'est conformé à ces demandes. Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a qualifié le texte de "précédent fâcheux". "C'est une mauvaise action qui a eu lieu", a déclaré le ministre, en déplacement à Genève, tout en assurant que Téhéran est "prêt à poursuivre les négociations" sur son programme nucléaire. Dimanche dernier encore, le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a répété que "la nation iranienne ne fera pas la moindre concession" sur son programme nucléaire. Pour sa part, interrogé sur la réponse de l'Iran à l'application éventuelle de sanctions ou d'une action militaire, l'ambassadeur iranien auprès des Nations Unies a lancé un avertissement voilé: "Nous espérons qu'ils prendront sérieusement en considération les graves conséquences (que de telles décisions entraîneraient) pour la région et le Traité de non-prolifération" nucléaire, a dit Javad Zarif. * Sommet des cinq L'Iran a fait un "mauvais calcul" en tablant sur la division de la communauté internationale, mais celle-ci est "de plus en plus unie", a déclaré hier à Berlin le chef de la diplomatie britannique Jack Straw à l'issue d'un sommet des cinq "grands" de l'ONU et de l'Allemagne. "Nous nous sommes montrés très patients avec l'Iran qui, de son côté, a fait un mauvais calcul en pensant que la communauté internationale serait divisée sur cette question. Mais en vérité, elle s'est montrée de plus en plus unie", a déclaré Jack Straw lors d'une conférence de presse. L'Iran doit choisir entre un "isolement qu'il s'infligerait lui-même" et un "retour à la table des négociations", a déclaré pour sa part, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier à l'issue d'un sommet. "L'Iran peut choisir entre un isolement qu'il s'infligerait à lui-même et un retour à la table des négociations. Nous espérons que l'Iran saisira cette chance", a souligné Steinmeier, qui s'exprimait en présence de ses homologues britannique, français, américain, russe et chinois. "Une solution diplomatique reste, comme avant, l'objectif de nos efforts", a ajouté Steinmeier. Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a annoncé hier à Berlin que la communauté internationale allait réfléchir à des "mesures négatives" si l'Iran ne répond pas à ses attentes en suspendant l'enrichissement de l'uranium. "Nous allons réfléchir à des mesures positives comme à des mesures négatives en concertation avec la Russie, avec la Chine, avec tous les autres partenaires et bien évidemment en fonction de la réponse iranienne", a-t-il déclaré. "Nous n'allons pas être inactifs durant ces trente jours, nous allons continuer à mobiliser l'ensemble des autres partenaires", a-t-il dit en parlant du Japon et de tous les pays de l'Union européenne, en plus des six participants à la rencontre de Berlin consacrée au dossier nucléaire iranien. "La question est une question de temps. Nous avons peu de temps en réalité devant nous". Ce problème de temps, a-t-il dit, "est en fait dû à la vitesse du programme (nucléaire) iranien qui est constatée par toute la communauté internationale". Toutefois, la Russie "ne croit pas que des sanctions serviraient à la résolution des différentes questions" relatives au programme nucléaire iranien, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. "Par principe, la Russie ne croit pas que de telles sanctions peuvent contribuer à régler des différentes questions en suspens. Nous avons besoin d'un engagement équilibré de la communauté internationale dans tout conflit, sur la base du droit international et sur la base de la nécessité que ses membres remplissent leurs obligations", a-t-il ajouté. ______________________________ Téhéran propose un «consortium régional» Le ministre iranien des affaires étrangères Manouchehr Mottaki a formellement proposé hier la création d'un "consortium régional" en Iran pour régler la question de l'enrichissement de son uranium. Dans un discours devant la Conférence du désarmement de l'Onu à Genève, il a précisé que ce consortium comprendrait des "pays de la région qui veulent développer leurs activités civiles" et serait "sous la garantie de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com