Un GI qui réclame le statut de réfugié au Canada raconte : Les soldats U.S exécutaient les civils de sang-froid, jouaient au foot avec la tête des morts et pillaient les maisons





Un chef de peloton «rapide sur la gâchette» a fait éclater d'une balle de fusil le pied d'un Irakien non armé et des soldats ont donné des coups de pied sur une tête sectionnée comme s'il s'agissait d'un ballon de soccer, a raconté jeudi un déserteur américain lors d'une audience de la Commission de l'immigration et du statut de réfugiés (CISR). Le Quotidien-Agences Joshua Key, premier déserteur américain à demander le statut de réfugié après une expérience militaire en Irak, a déclaré à la commission qu'il avait été témoin de nombreuses atrocités perpétrées par les militaires américains, durant les huit mois de son service à titre d'ingénieur de combat. Key, âgé de 27 ans, a affirmé qu'il n'avait pas été question de la Convention de Genève durant son entraînement et il s'est fait dire par ses supérieurs militaires que le droit international déterminant les normes humanitaires n'était qu'une «ligne directrice». «C'est : tire en premier, pose des questions ensuite, a déclaré Key en parlant des pratiques de son peloton. Tout est justifié.» Key est l'un des cinq membres des forces armées américaines réclamant l'asile du Canada. Mais l'homme originaire de l'Oklahoma se distingue des autres en ce qu'il est le seul à avoir combattu en Irak, a affirmé l'avocat de Key, Jeffry House. Les autres Américains qui réclament l'asile du Canada veulent éviter d'être envoyés là-bas, a-t-il dit. Key ne devrait pas être renvoyé aux Etats-Unis parce que les conséquences de sa désertion pourraient probablement lui valoir d'être persécuté, étant donné ce qu'il a vu en Irak, a dit House. «Il a une expérience de terrain très concrète quant au déroulement de la guerre en Irak, a affirmé House à l'extérieur de la salle d'audience. Si vous devez participer à des atrocités et que vous êtes puni pour ne pas avoir obéi et bien ça ressemble à de la persécution.» Lors de l'audience, Key a affirmé qu'il souffre du syndrome de stress post-traumatique et qu'il a fréquemment des cauchemars reliés à ce dont il a été témoin en Irak. Il se souvient d'avoir participé à des opérations menées de nuit dans les résidences d'insurgés présumés à Ramadi et Fallouja, alors qu'il faisait partie de la 43e Compagnie du génie de combat. Selon Key, ces sorties ne donnaient pas de résultats concrets mais il a souvent vu des militaires mettre des résidences à sac et voler des bijoux ou de l'argent, alors que les officiers feignaient de ne pas voir ce qui se passait. Il a aussi raconté que plusieurs Irakiens avaient été tués par balles et que dans plusieurs cas, les soldats «tiraient parce qu'ils avaient peur et inventaient ensuite des raisons». A Ramadi, Key a dit qu'il avait vu les corps de quatre Irakiens décapités et qu'il avait aperçu plusieurs soldats de la Garde nationale de Floride donner des coups de pied aux têtes sectionnées, «comme s'il s'agissait de ballons de soccer». Dans un village situé entre Fallouja et Ramadi, il a dit avoir vu un sergent de peloton «rapide sur la gâchette» faire éclater une partie du pied d'un Irakien non armé. L'homme était assis sur une chaise à l'extérieur d'un magasin et il avait levé son pied dans un geste qui se voulait irrespectueux. L'ex-soldat, père de quatre enfants, a décidé de déserter lors d'une permission, en 2003. Avec sa famille, il est ensuite arrivé à Niagara Falls, en mars 2005, après avoir vécu à Philadelphie. Il travaille maintenant comme soudeur à Fort St. John, en Colombie-Britannique.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com