Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes : Comme au bon vieux temps…





Au Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes à Sidi Bou Saïd, l’enchantement a été double. Dans ce cadre enchanteur, la voix de Habiba Msika s’est levée, doucement de l’un de ces phonographes à disque exposés, parallèlement à la 17ème session du Festival de la musique tunisienne. A 17ème édition, le Festival de la musique tunisienne a choisi de proposer aux mélomanes un tas d’activités parallèles: des ateliers du chant et de percussion, un débat sur la musique tunisienne et surtout une grande exposition sur les «machines parlantes». Originale, cette exposition qui se tient pour la première fois en Tunisie offre un voyage délicieux avec des voix qui ont marqué l’âge d’or de la musique tunisienne et arabe. Une bonne partie de la collection privée d’un grand mélomane, qui a consacré sa vie à la récupération des phonographes et des gramophones, a créé l’événement au Centre des Musiques arabes et méditerranéennes. L’histoire a commencé depuis des années... même depuis des décennies quand le père de Habib Boughrara, un vrai passionné de la musique s’est laissé guider par cet amour, errant ici et là à la recherche de disques anciens d’une brochette de voix qui ont fait les beaux jours de la musique arabe. Belle aventure et grande histoire d’amour qui continuent à «fleurir»... Habib Boughrara, le fils et le propriétaire de ces «machines parlantes», a choisi de poursuivre les pas de son père et d’aller encore plus loin dans la collection de ces belles machines qui représentent des fragments de l’histoire de la musique ici, dans le monde arabe et même à l’échelle internationale. Des amplificateurs à lampes, des boîtes pour aiguilles de lecture de disques (78 t/mn) en acier et bambou, des magnétophones à bande magnétique, des phonographes à cylindres (long 12 cm), des phonographes pour disques (25 cm, 78 t) et d’autres phonographes de modèles différents qui mettent en exergue l’évolution de la fabrication de cette machine «Chantante» offrent aux visiteurs de cette exposition une balade nostalgique; des vrais objets qui sont au cœur du patrimoine musical et de notre mémoire. Dans la salle des spectacles au Palais Ennejma Ezzahra, Habib Boughrara a exposé avec fierté cette «fortune musicale» sous les yeux éblouis des musiciens, des journalistes... et du ministre de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, qui a tenu à partager avec la famille musicale cette douce balade où l’enchantement est le seul mot d’ordre. Sur les voix de Habiba Msika, de Salama Hijazi et d’autres artistes, des vrais, qui continuent à nourrir nos émotions et nos neurones, on a voyagé dans le passé. L’album des souvenirs a été feuilleté... Un vrai dialogue entre les générations a été lancé, entre ceux qui ont eu la chance d’utiliser ces appareils musicaux antiques et la nouvelle génération qui admirait ces «machines parlantes», ces machines exposées, actuellement et chez quelques familles, comme des objets de décoration. Comment peut-on conserver la mémoire musicale? Comment peut-on enrichir, la Phonothèque Nationale et la mettre à la disposition de la nouvelle génération surtout ceux qui estiment faire une carrière musicale? Sur ces questions et d’autres, l’exposition de Habib Boughrara, organisée par le Festival de la musique tunisienne en collaboration avec le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes, nous répond. A découvrir jusqu’à la fin du mois de mai. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com