Festival de la musique tunisienne 2006 : Des satisfactions et des regrets





Le rideau est tombé, samedi dernier, sur le 17ème Festival de la musique tunisienne avec la proclamation des résultats des différents concours. Une dizaine de prix ont été décernés aux lauréats de cette édition qui a connu des hauts et des bas. Les résultats proclamés à l’issue de cette soirée de clôture, qui s’est déroulée sur la scène du Théâtre Municipal de Tunis, n’ont pas révélé de grandes surprises. L’avis du jury dirigé par Jamila Mejri et d’autres personnalités de haute facture du monde de la culture a suscité la satisfaction générale auprès du public et des artistes ayant suivi les différentes soirées de cette édition. Il ya lieu de rappeler que cette édition a connu des hauts et des bas. Dans certaines catégories de chansons présentées lors des différents concours, il y a eu de belles créations musicales dont certaines ont été primées d’ailleurs. Mais, à vrai dire on a remarqué également des productions musicales qui n’étaient pas à la hauteur et qui manquaient de créativité et d’imagination tant dans la présentation que dans l’harmonisation et le mixage. Si le bilan de cette édition semble contreversée aux yeux de certains, il faut reconnaître que les compositions musicales primées reflètent, à la fois, l’avis du public et du jury. Tout au long de cette édition, les compositions musicales avaient retenu l’attention du public et avaient été d’ailleurs fortement acclamées. Pour sa part, le procès-verbal du jury reconnaît à l’unanimité la qualité de certaines œuvres. Le concours consacré aux chansons de l’année 2005 et qui a vu la direction du festival porter son choix sur 9 des 32 chansons candidates a connu cette année une évolution notoire. Les trois prix décernés dans cette catégorie ont consacré les meilleurs voix, dont le talent a été reconnu par le public. Il s’agit de Foued Ben Cheikh, Adnène Chaouachi et Slah Mosbah. * Des déceptions Dans les catégories des interprétations, des compositions musicales, des paroles et des morceaux instrumentaux, de belles œuvres ont été également présentées. Sur les 20 chansons retenues parmi les 119 présentées dans la catégorie des chansons du festival il y a eu des œuvres de qualité interprétées par des artistes de talent. Parmi celles-ci on trouve «Douroub Mahboubi» (Les voix de mon bien aimé) de Tarek Jihad qui a d’ailleurs obtenu le premier prix, mais également de «Samt El Watar» (Le silence des cordes) de Hassen Dahmani primé aussi. D’autres œuvres musicales d’une haute qualité musicale, comme «Sammou Ellil» de Ahmed Mejri ou «Andi Hanine» de Mounir Zargati, n’ont pas été retenues mais ont marqué d’une pierre blanche cette édition du Festival de la musique tunisienne. S’agissant du concours dédié à la meilleure composition musicale, il n’a pas révélé une grande surprise. «Basma» ou «Sourire» de Chokri Bouzaïène dont la prestation n’a laissé personne indifférente vendredi sur la scène du théâtre municipal, a été primée à la grande admiration du public. Avec «Nassim» (Brise), Naoufel Manaâ qui s’est illustré depuis la dernière session, a enchanté une nouvelle fois le public vendredi dernier et a vu enfin son titre remporter une consécration. Mais force est de reconnaître qu’il y a eu tout au long de cette édition des prestations avec des hauts et des bas, mais également des œuvres produites par des artistes de talent qu’on attendait pour le sacre final, mais qui n’ont pas été finalement retenus. C’est le cas de «Lemdina» de Walid Gharbi ou «Ithaï» de Kamel Taghouti. Toutefois, le bilan de cette édition reste globalement satisfaisant et les résultats logiques si l’on eu croit certains artistes. Chokri Bouzaïène, l’un des artistes primés reconnait non seulement la qualité des œuvres consacrées, mais également la créativité dont ont fait preuve les artistes tunisiens. «Pour une fois, le public semble satisfait des résultats. Ce qui témoigne de la qualité des chansons et compositions instrumentales présentées» a noté Chokri Bouzaïène. «Dans l’ensemble les résultats ont été corrects. Mais, on aurait bien voulu voir (Douroub) et d’autres compositions remporter des consécrations» constaté Monia Béjaoui. Avec un avis beaucoup plus nuancé, Fathi Zghonda directeur de la musique au ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, reconnaît que cette édition a connu des hauts et des bas. «Certains pensent que la plupart des compositions présentées ont fait preuve de créativité, d’autres, par contre selon eux font du «superplace» mais dans l’ensemble, cette dix-septième édition a été une fête pour la musique tunisienne», reconnaît le directeur de la musique. En effet, il y a lieu de rappeler que la soirée de clôture de cette édition a été un véritable régal. Elle a été dédié à la période faste de la chanson tunisienne, en l’occurrence, les années 80. Une pléiade de chanteurs et compositeurs a été au rendez-vous de cette soirée, pour interpréter les trésors immortels de la chanson tunisienne. Adnène Chaouachi, Monia Béjaoui, Chokri Bouzaïène, Slah Mosbah, Fatma Ben Arfa se sont succédés sur scène pour interpréter les meilleures œuvres de Oulaya, Ali Riahi, Soulaf entre autres. La soirée fut ainsi une véritable ballade dans le patrimoine musical des années 80. Ousmane WAGUE _________________________________ Palmarès Chansons 2005 1er prix : Gharrit biya (Tu m’as leurré) de Foued Becheikh, texte de Sahbi Chaïr, musique de Lazhar Chaïr. 2ème prix ex aequo : Ennas ech jralhom (Qu’arrive-t-il aux gens), de Adnène Chaouachi, texte de Habib Mahnouch, musique de Mounir Ghadhab. - Mnama touila (Long rêve) de Slah Mosbah, texte de Khaled Oueglani, interprétation de Slah Mosbah. Productions du festival 1er prix : Douroub mahboubi (Les voies de mon bien-aimé), de Tarek Jihad, texte de Habib Mahnouch, musique de Tarak Jihad. 2ème prix : Samt el watar (Le silence des cordes), de Hassan Dahmani, texte de Hassan Chelbi, musique de Youssef Riahi. Prix de la meilleure interprétation Raouf Maher pour Lasshab, lasshab (Amis, amis), texte de Sahbi Chaïr, musique de Tarak Tojet. Prix de la meilleure composition Choukri Bouzaïane pour Basma (Sourire), texte de Hatem Guizani, interprétation de Choukri Bouzaïane. Meilleures paroles Mohamed Hédi Jaziri pour Itarafat imra’a (Aveux de femme) musique et interprétation de Slah Mosbah. Morceaux instrumentaux 1er prix : Nassim (Brise) de Naoufel Manaï. 2ème prix : Andalousie de Karim Trabelsi.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com