Course à l’investiture en Irak : Abandonné par les siens, Jaâfari résiste





Un important leader chiîte irakien, Adel Abdel Mehdi, a appelé hier le Premier ministre sortant Ibrahim Jaâfari, à renoncer à sa candidature au poste de Premier ministre, mais ce dernier a exigé un vote du Parlement. Le Quotidien-Agences "Il y a un certain rejet (de la candidature de Jaafari) au sein même de l'Alliance unifiée irakienne (AUI) et je pense qu'il doit se désister", a déclaré Abdel Mehdi, actuel vice-président et l'une des figures de cette alliance, dans une interview diffusée hier par la BBC. Dans une interview au programme Hard Talk, Abdel Mehdi a indiqué qu'il pouvait être le candidat de l'AUI qui avait désigné, lors d'un vote interne en février, Jaâfari candidat au poste de Premier ministre avec une seule voix de différence. "L'une des conditions pour ce poste est d'être accepté par les autres", a souligné Abdel Mehdi, dirigeant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII, principal parti chiîte), en allusion à la contestation même au sein de l'Alliance unifiée de la candidature de Jaâfari qui complique la formation d'un gouvernement en gestation depuis plus de trois mois. Abdel Mehdi a indiqué avoir demandé personnellement à Jaâfari, chef du parti Dawa, de renoncer à sa candidature mais que ce dernier a répondu qu'il préférait affronter le Parlement. Jaâfari "s'attache à sa nomination et veut aller au Parlement (...) Il a dit qu'il accueillerait favorablement toute décision du Parlement", a-t-il dit. * Retard Le Premier ministre Jaâfari a perdu le soutien unanime des membres de la coalition chiîte. Certains des 26 indépendants de sa coalition ont appelé publiquement à son désistement, voyant dans le rejet de sa candidature par les blocs sunnite et kurde, la principale raison qui retarde la formation d'un gouvernement d'union nationale. Les sunnites reprochent à Jaâfari sa gestion du dossier sécuritaire en affirmant que les forces de sécurité sont dominées par les chiîtes et noyautées par les milices alors que les Kurdes l'accusent d'accaparer le pouvoir. Dans une interview publiée hier par le quotidien britannique The Guardian, Jaâfari a réaffirmé qu'il ne renoncerait pas à concourir pour un nouveau mandat, en dépit des nombreuses pressions. "Il y a eu une décision obtenue grâce à un mécanisme démocratique et je m'y tiens", a-t-il déclaré, ajoutant: "Nous devons protéger la démocratie en Irak et c'est la démocratie qui devra décider qui va diriger l'Irak". "Le peuple réagira s'il voit que les règles de la démocratie ne sont pas respectées", a-t-il ajouté, estimant en outre que "chacun devrait se conformer aux mécanismes démocratiques même s'il n'est pas d'accord avec la personne". Le président Jalal Talabani a tenu hier des discussions avec les dirigeants politiques pour convoquer dans les prochains jours une séance du Parlement et permettre aux élus de choisir le nouveau Premier ministre. "Le président a convoqué les chefs des blocs parlementaires pour fixer la date de la séance du Parlement" qui sera consacrée à ce vote, a indiqué une source proche des discussions. Les négociations sur la formation du gouvernement ont été suspendues mardi en dépit des appels de Washington et Londres contre de nouveaux reports dans la mise en place d'un cabinet d'union nationale.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com