France : Villepin exclut une démission





Des jeunes bloquent routes et gares Le Premier ministre Dominique de Villepin a exclu hier de démissionner défendant le contrat-jeunes, cible d'une vaste fronde sociale en France, alors que des centaines d'étudiants et de lycéens bloquaient des routes, gares et usines dans des grandes villes. Le Quotidien-Agences Prônant "l'apaisement" après plus de dix semaines de crise, de Villepin a aussi défendu le principe de "flexibilité" dans l'emploi, bête noire du mouvement contre le contrat première embauche (CPE). Dans une conférence de presse deux jours après une nouvelle journée de manifestations qui a réuni entre un et trois millions de personnes, de Villepin a rejeté toute démission prochaine. Il a assuré qu'il mènerait "jusqu'au bout" la mission de la "bataille pour l'emploi" que lui a confiée le président Chirac. "La priorité immédiate (...) c'est l'apaisement", a déclaré le Premier ministre. "Il est temps de sortir de la crise pour retrouver la sérénité et l'unité du pays". Il a demandé dans le même temps aux syndicats de "reconnaître que la flexibilité est un moyen nécessaire pour donner un emploi à tous" alors que le mot est synonyme pour les adversaires du CPE de licenciements faciles et travail précaire. Il a défendu son projet de CPE comme un "outil" contre le chômage des jeunes, se disant ouvert à des améliorations. Les opposants au CPE exigent toujours l'abrogation de la loi ayant institué ce nouveau contrat de travail pour les moins de 26 ans, accusé de favoriser la précarité, et qui avait été suspendue de facto la semaine dernière par le président Jacques Chirac. Ils ont lancé mardi un ultimatum pour le 17 avril pour que la loi soit abrogée. Des consultations se poursuivaient entre parlementaires du parti au pouvoir UMP et organisations syndicales, lycéennes et patronales sur le CPE à la recherche d'une solution à la crise. * Maintenir la pression Dans le même temps, des étudiants et des lycéens, qui veulent renforcer la pression sur le gouvernement, ont intensifié leurs opérations "coup de poing" pour perturber l'activité économique. Des manifestants ont bloqué hier temporairement deux usines d'Airbus dans le sud-est, deux gares parisiennes et des axes routiers autour de grandes villes, provoquant des embouteillages. Des centaines de manifestants ont bloqué l'accès de l'aéroport parisien d'Orly. Les premières réactions aux propos de Villepin syndicales étaient hostiles. Le chef du syndicat FO, Jean-Claude Mailly, a jugé que Dominique de Villepin paraissait "hors du temps réel" et a qualifié de "provocation" l'évocation de la flexibilité. Le leader du syndicat d'enseignants FSU, Gérard Aschieri, a déclaré que le Premier ministre devait comprendre qu'il n'y aurait pas de "discussions possibles" avant une abrogation du CPE. Fragilisé par cette fronde sociale, qui s'est transformée en crise politique, au plus bas dans les sondages, de Villepin, qui est de fait dessaisi du dossier CPE, a tenté de reprendre l'initiative en annonçant la préparation de nouvelles réformes. Il a dit vouloir ouvrir "trois chantiers nouveaux": mieux protéger les salariés dans leur vie professionnelle, lutter contre la pauvreté et l'exclusion, après les émeutes qui ont secoué les banlieues défavorisées à forte population d'origine immigrée en novembre 2005, et renforcer les liens entre université et emploi. Comme l'avait fait le président Chirac, il a invité étudiants et lycéens à reprendre les cours à l'approche des examens alors que des dizaines d'universités et des centaines de lycées étaient toujours bloquées jeudi.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com