Annonçant un troisième décès : L’Egypte en proie à la grippe aviaire





L'Egypte est devenue, avec un nouveau décès hier, et onze cas humains atteints de grippe aviaire, le pays le plus touché par le virus H5N1 dans le monde en dehors de l'Asie. Le Quotidien-Agences L’agence officielle Mena a annoncé la mort d'Iman Mohammed Abded Gawa, une adolescente de 16 ans hospitalisée la veille. Originaire de Menoufiya, au nord du Caire, elle avait été en contact avec des volailles infectées. C'est la troisième personne, sur les onze ayant déjà contacté cette souche hautement pathogène du virus de la grippe aviaire, qui décède en Egypte, alors que les trois quarts de ce pays, le plus peuplé du monde arabe, est touché. Mercredi, les autorités ont annoncé qu'un bébé de 16 mois, le second en une semaine, avait été contaminé, témoignant de leur difficulté à endiguer ce fléau, en particulier en raison de la prolifération des élevages domestiques. "Nous nous attendions à ce qu'il y ait un tel nombre de personnes atteintes par le virus" a affirmé Saber Abdel Aziz Galal, un responsable au service vétérinaire du ministère de l'Agriculture. Pour lui, "les gens élèvent des volailles chez eux et refusent de les abattre. Ils considèrent les volailles comme un patrimoine et ne se soucient pas de leur santé". La présence du virus dans 19 gouvernorats sur 26 a déjà entraîné l'abattage de plus de dix millions de poulets, canards ou oies, selon les estimations officielles. Environ 800 millions de volailles sont consommées par an en Egypte, alors que deux millions y naissent quotidiennement. "Le nombre de personnes contaminées par le virus a augmenté parce que les gens sont en contact répété avec les volailles", a aussi estimé John Jabbour, de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Caire, ajoutant que "les Egyptiens doivent changer leurs habitudes et arrêter de vivre au milieu d'elles". La plupart des cas humains de contamination de la grippe aviaire ont été recensés en Extrême-Orient et en Asie, où l'épidémie s'est déclarée en 2003, mais l'Egypte est désormais le pays le plus touché hors du continent asiatique. * Le Caire réagit Les autorités égyptiennes ont néanmoins cherché à tempérer l'ampleur du problème. "L'Egypte n'est pas l'un des pays au monde les plus touchés par le virus", a dit Galal, ajoutant que "le nombre de personnes atteintes par la grippe aviaire est relativement faible en tenant compte des conditions particulières de l'élevage dans le pays et des habitudes des gens". La politique du gouvernement sur ce dossier a été critiquée par des experts, certains la jugeant mal planifiée ou très insuffisante. "La planification du gouvernement a été anarchique", a affirmé Talaat Khatib, professeur de médecine vétérinaire à l'université d'Assiout. Selon lui, les campagnes lancées dans les médias ont été insuffisantes et le gouvernement aurait dû adopter des mesures plus dures dès l'apparition du virus en Turquie fin décembre, presque deux mois avant son apparition en Egypte. "Lorsque le virus est apparu en Turquie, une plan anti-grippe aviaire aurait dû être établi" a-t-il dit. En Egypte, pays pauvre où le taux d'illétrisme est supérieur à 50%, une politique plus systématique aurait dû être adoptée, selon cet expert. "Les gens dans les villages dépendent des revenus des volailles pour survivre", a-t-il affirmé, soulignant que le gouvernement aurait dû leur donner des compensations plus importantes. Un dédommagement, jugé insuffisant, de 5 livres égyptiennes (0,87 dollar) est versé par volaille abattue.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com