«Cinéma de la paix» : Utile ou futile ?





Peut-on parler de cinéma de la paix aujourd’hui lorsque celle-ci n’est présente que dans quelques rares esprits qui donnent l’impression de se battre contre des moulins à vent ? Contre vents et marées, certains tiennent à ce terme pour nous donner à rêver à travers l’art. C’est l’objet même de la manifestation qui se tient à El Teatro du 3 au 9 avril. A l’heureuse initiative de la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC), le Ciné-club de Tunis Djebril Diop Membetty et El Teatro, organisent la 6ème édition de la manifestation «Cinéma de la paix». Elle offre à qui le veut une opportunité pour voir sur le grand écran des œuvres de cinéastes engagés dans un perpétuel débat sur la paix. Mais faut-il aussi le préciser, la paix ne s’en tient pas à son seul sens premier qui renvoie à la situation d’un pays qui n’est pas en guerre ou encore à un accord, une entente. La paix telle que rapportée ici dans la manifestation «Cinéma de la paix» peut venir à l’encontre de l’exclusion, de la violence politique ou économique, celle conjugale aussi. Parmi les films, on cite «Exclusion» projeté le 3 avril en la présence de Sondos Garbouj, psychologue ayant animé le débat accompagnant la projection. Le film évoque la question de l’enfermement de l’être sur soi, un sentiment d’exclusion psychologique dont les retombées se répercutent sur la relation de la personne en question avec son entourage. «Bloody Sunday» (Dimanche sanglant) passe en revue les événements du 30 janvier 1972 où la marche pacifique organisée en Irlande du Nord pour l’égalité des droits civiques entre protestants et catholiques a replongé le pays dans la guerre civile. Dans la foulée, le film «Amandla ! A Revolution in Four-Part Harmony» sera projeté aujourd’hui samedi 8 avril à 16h00 et sera commenté par Hichem Ben Ammar (cinéaste) et Ali Saïdène (spécialiste du patrimoine). Le film mêle interviews exclusives et images d’archives pour exhumer du fin fond de l’histoire l’inlassable résistance contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Les relations conjugales qui s’enveniment ont été traitées aussi à travers deux films «Ne dis rien» un film espagnol projeté mercredi 5 avril et «Quand Maryam s’est dévoilée», un film libanais présenté vendredi 7 avril. Le premier met en exergue le drame de la violence conjugale, le second celui de la stérilité. Deux problèmes majeurs des relations conjugales qui ne sont point propres à l’Espagne ou le Liban mais touchent la quasi-totalité de nos sociétés. Dans ces films, plusieurs personnes se retrouveront. Ne serait-ce que pour cela, cet art universel trouve toute sa signification au-delà des frontières. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com